La greffe de ménisque, une intervention encore rare

[02 octobre 2017 - 16h08] [mis à jour le 02 octobre 2017 à 16h10]

Greffer un rein ou un lambeau de peau sur un grand brûlé n’a rien d’anodin. Toutefois, la greffe pratiquée récemment à l’Hôpital Sainte Marguerite de Marseille est bien plus rare. Une équipe y a greffé un ménisque chez un jeune de 23 ans souffrant de douleurs du genou depuis 3 ans.

Une greffe de ménisque a été réalisée par les équipes de l’Institut du Mouvement et de l’Appareil Locomoteur situé à l’Hôpital Sainte-Marguerite (AP-HM). C’est un jeune patient âgé de 23 ans souffrant de douleurs du genou depuis 3 ans suite à une méniscectomie totale qui en a bénéficié.

« L’intervention de 2 heures s’est déroulée intégralement sous arthroscopie. Le patient pourra reprendre la marche en appui dans 1 mois et les activités sportives entre 6 mois et 1 an », s’est félicitée l’équipe de chirurgiens.

Ablations de ménisques fréquentes

Plus de 130 000 méniscectomies sont pratiquées chaque année en France. Cette intervention est souvent proposée dans le cas de lésions méniscales traumatiques ou dégénératives. Quand la méniscectomie est limitée et chez les sujets jeunes dont le capital méniscal restant est encore sain, le résultat est souvent satisfaisant.

Toutefois, « sans ce coussin naturel qu’est le ménisque, le cartilage et l’os sous-jacent reçoivent à chaque pas des contraintes excessives potentiellement sources d’arthrose », rappellent les chirurgiens. « Pour éviter cela, des techniques de réparation méniscale se sont développées, en particulier des gestes de sutures méniscales : ces techniques souvent complexes, nécessitent un matériel dédié et elles ne sont pas toujours applicables notamment en cas de dégâts méniscaux trop importants. »

C’est pourquoi la greffe est une solution de choix. Malheureusement, « cette technique impose de trouver un greffon compatible en taille (tolérance <2mm) avec le genou du patient receveur », notent les médecins. Et cette contrainte limite grandement le nombre d’interventions pratiquées chaque année en France.

Pour rappel : le ménisque est un fibrocartilage amortisseur des contraintes qui s’exercent sur le genou. La résection même partielle de celui-ci peut entraîner dans environ 10% des cas des douleurs invalidantes.

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