16 semaines ! L’épidémie de grippe 2017-2018 s’est caractérisée par une durée record et un bilan qualifié de lourd : on estime à 13 000 le nombre de décès qui seraient dus à cette maladie… Cette année, la nouvelle campagne de vaccination se distingue par la poursuite de l’expérimentation en pharmacie et la mise à disposition de vaccins comportant 4 souches. L’enjeu est d’augmenter les couvertures vaccinales dans les populations à risque.

En 2017-2018, deux virus grippaux se sont succédés en France : un premier de type A puis un second de type B. Ce qui explique « la durée inhabituelle de l’épidémie qui s’est étalée sur 16 semaines », développe le Pr Bruno Lina, directeur du centre national de référence contre la grippe de Lyon. Le médecin insiste sur les conséquences chiffrées : 13 000 morts en excès, « soit le double de la surmortalité maximale moyenne ». Dans 93% des cas, il s’agissait de patients de 65 ans et plus. Par ailleurs, environ 3 000 personnes ont été signalées admises en réanimation, ce qui correspond au nombre le plus élevé depuis 2009. Il est important de noter que 81% d’entre elles avaient au moins un facteur de risque, essentiellement l’âge au-delà de 65 ans (47%) et/ou la présence d’une ou plusieurs pathologies chroniques.

Vaccination et mesures barrières

En France, la vaccination grippe est recommandée pour les personnes à risque de complications et d’hospitalisations: essentiellement les personnes âgées de 65 ans et plus, les personnes de plus de 6 mois atteintes de certaines maladies chroniques et les femmes enceintes. En ce début de campagne de vaccination contre la grippe saisonnière, le médecin rappelle que « la vaccination est le meilleur atout pour éviter d’attraper cette maladie très contagieuse. Le taux de vaccination est en effet moins important parmi les patients hospitalisés pour des formes graves. Mais la vaccination ne fait pas tout. En période d’épidémie, il faut également mettre en place des mesures d’hygiène simples pour barrer la route au virus ». Comme se laver régulièrement les mains ou se couvrir la bouche et le nez pour éviter de projeter du virus en cas de toux ou d’éternuement.

Couverture vaccinale en berne

L’enjeu est donc d’améliorer la couverture vaccinale en France dans les populations recommandées. Pharmacien à Blagnac, et président du groupement Pharmacorp, Laurent Filoche y participera en proposant la vaccination contre la grippe à ses patients concernés puisque sa région, l’Occitanie, fait partie des quatre territoires – avec Auvergne-Rhône Alpes, Nouvelle Aquitaine et Hauts-de-France – de l’expérimentation de la vaccination anti-grippale en pharmacie. « Nous avons été formés à l’acte vaccinal. Pour les patients concernés, c’est un confort puisqu’ils n’ont pas besoin de prendre rendez-vous chez le médecin. L’objectif reste de faciliter la vaccination de façon à augmenter la couverture vaccinale. » Elle était de 45,6% l’an passé, chez les personnes à risque.

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