En France, 20% des femmes enceintes seraient victimes de violences. Un chiffre effarant dans le contexte d’une prise de conscience concernant les féminicides. L’Inserm révèle également les facteurs de risque ainsi que les conséquences de ce phénomène.

Les femmes sont nombreuses à subir des violences, souvent conjugales. Et le fait d’être enceinte ne semble pas les en protéger. La preuve par une première étude épidémiologique menée par l’Inserm sur le sujet. Ainsi, les travaux de l’équipe EPOPé réunissant l’Inserm et l’Université de Paris au sein du Cress révèle que près de 2 femmes enceintes sur 10 sont victimes de violences physiques.

Détresse psychologique et risque de prématurité

Ce travail a également permis d’identifier des facteurs de risque associés à ces violences. Ainsi, « les femmes qui ne sont pas en couple cohabitant, qu’elles soient en couple non cohabitant ou sans partenaire, sont plus nombreuses à être victimes », notent les auteurs. « La fréquence des violences est également fortement liée aux revenus du ménage, plus élevée pour les femmes vivant dans ceux ayant moins de ressources financières. »

Ces violences ont des conséquences sur la santé – et la vie – des femmes victimes, ainsi que de l’enfant à naître. Ainsi, « 62% des femmes ayant subi des abus physiques ont affirmé avoir été en situation de détresse psychologique pendant la grossesse, contre 24% pour les autres femmes », indiquent les chercheurs.

« En ce qui concerne le nouveau-né, ces violences sont associées à un risque plus élevé de naissance prématurée ou encore de transfert de l’enfant dans une unité de soins intensifs », poursuivent-ils. Ce constat devrait « conduire (les professionnels de santé) à évoquer cette question lors des consultations anténatales », espèrent les auteurs.

A noter : Environ 1/3 des femmes dans le monde sont victimes d’abus physiques ou sexuels, de leur partenaire ou d’une autre personne.

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