Les antibiotiques, ce n’est pas automatique… et encore moins en cours de grossesse ! Une équipe canadienne met en évidence un risque de fausse-couche avec certaines familles de ces médicaments. Y compris parmi les plus couramment utilisées. 

Le Dr Anick Bérard du Centre de recherche du CHU Sainte-Justine à Montréal travaille sur l’utilisation des médicaments durant la grossesse depuis des années. Au début des années 2000, elle a d’ailleurs installé la cohorte des grossesses du Québec qui renferme les données relatives aux grossesses de 1998 à 2009. Soit près de 290 000.

« Les infections sont très répandues au cours de la grossesse », explique-t-elle, avant de citer des études selon lesquelles « les antibiotiques ont été associés à une diminution du risque de prématurité et de donner naissance à un bébé de faible poids ». La question étant ici de déterminer l’impact éventuel sur les fausses-couches. Avec son équipe, elle a donc centré son travail sur 8 700 cas d’avortements spontanés, survenus en moyenne à 14 semaines.

Erythromycine et nitrofurantoïne épargnées 

Au total, 16,4% de ces avortements spontanés ont concerné des femmes exposées à des antibiotiques en début de grossesse contre 12,6% dans le groupe-contrôle. Après avoir évacué les facteurs confondants – y compris les infections en elles-mêmes – elle met en évidence une augmentation du risque avec certains macrolides, les quinolones, les tétracyclines, les sulfamides antibactériens et la métronidazole.

En revanche, l’érythromycine – qui appartient à la famille des macrolides – et la nitrofurantoïne « couramment utilisées pour traiter les infections urinaires ne sont pas associées à une élévation du risque », conclut-elle. L’occasion de rappeler que la prise d’un médicament chez une femme enceinte n’est jamais anodine. Si vous êtes concernée, demandez toujours l’accord de votre médecin.

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