Hépatite C : le virus enfin observé au microscope !

[19 octobre 2016 - 16h58] [mis à jour le 19 octobre 2016 à 17h08]

Personne n’avait jamais vu le virus de l’hépatite C. Surprenant mais vrai. De taille et de forme variable, il avait jusqu’à présent réussi à passer inaperçu. Jusqu’à ce que l’équipe de Jean-Christophe Meunier (INSERM) le démasque et mette ainsi au jour son mécanisme d’infection, au terme de 4 ans de travail.

« En général, les virus sont des structures très homogènes, avec une même forme, une même taille et une même structure », explique Jean-Christophe Meunier de l’Unité INSERM 966 Morphogenèse et antigénicité du VIH et des virus des hépatites de l’Université de Tours. Or il se trouve que le virus de l’hépatite C est très variable. C’est pourquoi, jusqu’à présent, aucun scientifique n’avait réussi à l’observer au microscope. Il se cachait en quelque sorte.

Dans le détail, « ce virus détourne la voie des lipoprotéines, des transporteurs qui charrient le cholestérol du foie pour nourrir des organes », détaille Jean-Christophe Meunier. Non seulement il s’attache à ces structures sphériques mais il fusionne avec elles, formant alors un mélange monstrueux, également qualifié d’hybride viro-lipidique. Et indétectable. « Il fonctionne un peu comme un cheval de Troie car il utilise les lipoprotéines pour rentrer dans ses cellules cibles, les cellules hépatiques. »

Des sphères blanches

L’équipe tourangelle est enfin parvenue à distinguer ces fameuses particules viro-lipidiques des simples lipoprotéines circulant dans du sérum de patients. Un travail rendu possible grâce à la plateforme de microscopie électronique de l’Université de Tours.

« Il ressemble à une simple petite sphère blanche au milieu d’autres sphères blanches lipidiques dans le sang », décrit Jean-Christophe Meunier. Cette espèce de « sandwich lipidique est composée en son centre de l’ARN viral et du noyau du virus délimités par une première monocouche de phospholipides ».

« Cette structure concorde tout à fait avec des travaux antérieurs de biologie moléculaire qui prédisaient cette organisation. Ces observations valident donc 25 ans de travail de la communauté scientifique », se réjouit-il.

Vers un vaccin

Des traitements efficaces sont aujourd’hui disponibles en cas d’hépatite C mais aucun vaccin n’a encore été trouvé. Or pour développer un vaccin « on doit savoir vers quelle protéine du virus il faudra le diriger », souligne Jean-Christophe Meunier. « Dans ce cas, nous avons pu confirmer que les protéines d’enveloppe du virus sont toujours disponibles à la surface du virus. » Faisant d’eux une cible parfaite pour le vaccin.

Partager cet article