Des désaccords en matière de décisions médicales, la gestion du stress, les conflits entre personnels… Autant d’épreuves à surmonter quand on travaille dans un établissement de santé, et donc, par définition, en équipe. Pour aider les professionnels de santé à dépasser ces obstacles, l’ancien négociateur du RAID, Christophe Caupenne intervient dans les hôpitaux pour partager son expérience et ses méthodes acquises sur le terrain.

L’effet tunnel. Voici un exemple des difficultés récurrentes rencontrées par les équipes. A l’hôpital comme dans n’importe quel groupe. « Il s’agit d’une focalisation sur une partie de la problématique », résume Christophe Caupenne. « Elle est parfois de l’ordre du déni ou bien du refoulement de certaines idées trop dérangeantes. » Ainsi pour un médecin qui aurait commis, seul ou en équipe, une erreur dans son diagnostic ou dans le choix du traitement, « l’impossibilité de concevoir que son patient puisse mourir ». Résultat, « un dysfonctionnement apparaît dans la prise de décision ».

Différends personnels

Il s’agit donc de prendre du recul, de visualiser l’ensemble du problème, avec toutes ses facettes. Or ce n’est pas évident car « en situation de stress, le cerveau fait des choix pas toujours rationnels, liés pour partie à l’expérience, l’entraînement mais aussi à tous les freins psychologiques personnels », souligne Christophe Caupenne.

Autre exemple de difficulté fréquemment rencontrée dans une équipe, « les histoires anciennes et délétères entre deux ou plusieurs membres ». Lesquelles « perturbent grandement le fonctionnement du groupe ». Pour surmonter cet obstacle, « il faut souvent faire appel à quelqu’un d’extérieur pour discuter de l’importance de redevenir indulgent, de laisser de côté le passé et ses préjugés », poursuit-il.

Les bonnes pratiques

Pour se dégager des impasses, de bonnes pratiques peuvent être mises en place, comme l’optimisation et la capacité à profiter des briefings et des retours d’expérience de chacun. Celles-ci ne le sont pas dans tous les services hospitaliers de France. « C’est très variable », note Christophe Caupenne, qui connaît bien ce milieu professionnel, pour y avoir travaillé de nombreuses années.

« Certaines équipes sont très entraînées et très soudées. Et cela tient bien souvent au management du patron. » Ainsi lorsque tout se passe bien, « chacun apporte son originalité mais parvient à se discipliner au service de l’action ». C’est ce qui se produit « dans les blocs opératoires efficaces ou dans certaines équipes pédiatriques très pointues ».

Partager cet article

Aller à la barre d’outils