Si elle peut survenir à l’occasion d’un effort, l’incontinence urinaire peut aussi se manifester de manière urgente, appelée hyperactivité de la vessie. Contrairement aux idées reçues, les fuites urinaires ne sont pas l’apanage des femmes. La semaine nationale de la continence (19-25 mars) est l’occasion de rappeler que l’incontinence urinaire, quelle que soit sa forme, se soigne et plutôt bien d’ailleurs. Tout comme l’incontinence fécale. Alors, si vous êtes concerné(e), ne souffrez plus en silence et parlez-en à votre médecin.

« L’hyperactivité vésicale (HAV) est un syndrome, c’est-à-dire qu’elle se caractérise par plusieurs symptômes », souligne le Pr Xavier Gamé, chirurgien-urologue au CHU de Toulouse. Il cite : « un besoin impérieux et irrépressible d’uriner, accompagné ou non de fuites urinaires. Et parfois également d’une fréquence élevée de mictions et/ou d’une envie d’uriner qui réveille la nuit ».

« Elle retentit de façon importante sur le quotidien », poursuit le Pr Gamé qui décrit « des patients sans cesse obligés de se rapprocher de toilettes. A force, certains n’osent même plus sortir de chez eux et se désocialisent. » Avec également un risque majoré d’anxiété et de dépression. Si vous faites partie de ces patients comme c’est le cas d’une femme sur huit et de plus d’un homme sur dix, ne laissez pas l’incontinence vous gâcher la vie, car des solutions existent.

De nombreux traitements disponibles

Malheureusement en France, seul un patient sur trois pousserait la porte d’un cabinet médical, pour ce motif. Alors que « nous avons de nombreuses solutions à leur proposer », enchaîne l’urologue. Il cite « en première intention, le respect de règles hygiéno-diététiques la rééducation périnéo-sphinctérienne et des médicaments comme les anticholinergiques ou les béta-3 agonistes ». En deuxième intention, il existe d’autres solutions : la stimulation du nerf tibial postérieur, les injections de toxine botulique dans la vessie ou la neuromodulation sacrée.

Un pacemaker pour stimuler les nerfs sacrés

Si les traitements conventionnels se sont avérés inefficaces ou sont mal tolérés, votre médecin peut notamment vous proposer la neuromodulation sacrée. Elle repose sur l’utilisation d’un petit neurostimulateur implanté sous la peau, généralement dans le haut de la fesse. Tel un pacemaker, il envoie de faibles impulsions électriques aux nerfs sacrés, innervant les organes du petit bassin pour la prise en charge des troubles mictionnels et fécaux. Avant l’implantation, une phase de test sera réalisée.

« Cette phase consiste à disposer une électrode au contact de ces nerfs et à la relier à un petit boîtier externe que le patient conserve entre 2 et 3 semaines, autour de la ceinture. Pour évaluer l’approche, nous nous basons sur le calendrier mictionnel, soigneusement tenu à jour par le patient avant et pendant cette période. » Ensuite ? Si vous êtes amélioré(e) d’au moins 50%, le boîtier vous sera implanté sous anesthésie. Vous vivrez ensuite avec cet appareil, Et pour toute question d’ordre technique, un numéro vert sera à votre disposition.

Osez en parler à votre médecin

Mais si l’approche ne vous convenait pas pleinement, pas de panique ! Elle est réversible. Votre médecin proposera une alternative thérapeutique adaptée. Alors si vous êtes concerné(e) par une forme d’incontinence, ne cédez pas au fatalisme. Consultez votre médecin traitant. Il vous dirigera le cas échéant vers le spécialiste de ces questions : l’urologue et gastro-entérologue.

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