Insomnies : des origines variées

[08 août 2016 - 16h01]

Le soir vous peinez à déconnecter et à vous détendre pour vous endormir en paix ? Vous tournez en rond et vous vous relevez deux ou trois fois avant de pouvoir vous endormir, enchaînez les nuits courtes et vous réveillez fatigué(e)s ? Ces difficultés chroniques à trouver le sommeil sont souvent associées aux insomnies. Mais comment expliquer la survenue de ces troubles de l’endormissement ?

Trouble du sommeil le plus fréquent, l’insomnie touche un Français sur cinq. En moyenne, ces derniers dorment moins de 6 heures par nuit, mettent plus de 30 minutes à trouver le sommeil. Les nuits sont rarement récupératrices et les difficultés à s’endormir se réitèrent au moins 3 fois par semaine pendant 1 mois. Un profil précis. Pourtant il n’existe pas une seule catégorie d’insomnie. Ces troubles sont en effet répertoriés en fonction de leurs origines et durées.

Liées à un événement traumatisant (deuil, séparation, pertes d’emploi, sensations de détresse…), les insomnies aigües affectent 10% des Français insomniaques. Ces épisodes durent quelques jours. Au fil du temps le traumatisme se résorbe. Et les difficultés à trouver le sommeil disparaissent naturellement au bout de trois mois, en moyenne. Mais chez certaines personnes, cette fragilité perdure dans le temps et devient chronique. Elle peut dans ce cas nécessiter une prise en charge par des spécialistes.

On distingue aussi l’insomnie idiopathique. Liée à un dysfonctionnement neurologique du contrôle veille-sommeil, cette forme chronique et stable n’est aucunement liée au stress et survient la plupart du temps pendant l’enfance. Autres facteurs de risque, des troubles mentaux (dépression, bipolarité, schizophrénie…), les effets de maladies ORL (asthme, reflux gastro-œsophagien, hyperthyroïdie…) et le trouble des jambes sans repos sont aussi incriminés. Enfin, une mauvaise hygiène en amont du sommeil (caféine, nicotine, expositions aux écrans et pratique d’un sport en fin de journée…) ou encore l’usage de médicaments et/ou de drogues font aussi le lit des insomnies.

« C’est dans la tête ? »

Dans certains cas, les épisodes d’insomnies chroniques s’expliquent par un état psychophysiologique. Et fait suite à des difficultés à trouver le sommeil qui pourraient rester passagères.  Mais « la personne souffre tellement de ne pas dormir qu’elle finit par avoir peur de se coucher et de ne pas réussir à s’endormir », peut-on lire sur le site de la Fondation sommeil.

Dans ce cas, « l’insomnie se nourrit d’elle-même ». D’ailleurs, la plupart des patients rapportant des problèmes à l’endormissement ne présentent en réalité aucune pathologie. Mais en aucun cas la personne simule son insomnie. Simplement malgré une fatigue accumulée « elle évalue mal la qualité de son sommeil, n’éprouve pas le besoin de dormir ». Elle peine à sortir de son anxiété face à la nuit. Dans ce cas, la prise en charge par un spécialiste du sommeil ou un psychologue peut s’avérer bénéfique. Des prescriptions de somnifères facilitent aussi l’endormissement dans les situations les plus intenses et prolongés. Mais cette approche médicamenteuse ne constitue pas une fin en soi. D’autres habitudes (hygiène de vie, pratique d’un sport, lâcher-prise…) aident, elles aussi, à sortir progressivement de cette spirale infernale.

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