Brûlures d’estomac : trop d’IPP brisent les os

[05 avril 2013 - 14h29] [mis à jour le 19 décembre 2013 à 14h56]

Disponibles en automédication, les IPP ne doivent pas êtres pris sur le long terme ©Phovoir

Le ministère canadien de la Santé, Santé Canada, alerte sur le risque de fractures osseuses liées à l’utilisation des inhibiteurs de la pompe à protons, les IPP. Ces médicaments sont largement utilisés en France, principalement dans la prise en charge de du reflux gastro-oesophagien (RGO).

« Les IPP sont des médicaments utilisés pour réduire l’acidité gastrique et pour traiter des affections comme le RGO et les ulcères de l’estomac », indique Santé Canada. « Plusieurs études ont montré que le traitement par IPP peut être associé à une faible augmentation du risque de fractures de la hanche, du poignet ou de la colonne vertébrale en raison de l’ostéoporose ».

Au mois de janvier 2012, le British Medical Journal a publié une étude confirmant le risque de fractures lié à la prise d’IPP. Les auteurs avaient montré que l’utilisation prolongée de ces médicaments augmentait de 30%, le risque de fractures de hanche  chez des femmes ménopausées. Essentiellement chez les fumeuses.

Des médicaments disponibles en automédication

Pour les autorités canadiennes, ce risque est plus élevé chez les patients qui ont reçu « des doses quotidiennes multiples d’IPP et qui ont été traités pendant un an ou plus ». A noter que la Food and Drug Administration américaine avait pour sa part mentionné le même risque en 2010, notamment en cas de prises à hautes doses et sur le long terme. Aux Etats-Unis désormais, les notices de ces médicaments doivent mentionner le risque de fracture. Ce qui sera d’ailleurs le cas très prochainement au Canada.

Et en France ? Les recommandations de bonnes pratiques de l’Agence national du Médicament (ANSM) insistent sur le fait que la prescription d’un IPP en cas de RGO ne doit pas dépasser un mois. Ce qui a priori, limite le risque de prise sur le long terme. De son côté, la Haute Autorité de Santé (HAS) a dénoncé en 2009, le fait qu’un nombre important de prescriptions d’IPP étaient réalisées dans des situations cliniques hors Autorisation de Mise sur le Marché (AMM) ». Elle affirmait par exemple, que « ces médicaments ne sont pas indiqués dans la prise en charge de la dyspepsie fonctionnelle, sauf si un RGO lui est associé ». Cependant en France, où ces traitements sont disponibles en automédication, aucune modification du Résumé des caractéristiques du Produit (RCP) concernant le risque de fracture n’a été recommandée.

Aller plus loin : Lire le document de l’Assurance-maladie sur la prise en charge du RGO selon les recommandations de l’ANSM et de la HAS.

Ecrit par : Emmanuel Ducreuzet – Edité par : David Picot

Partager cet article