Irak : 184 programmes de santé fermés

[07 août 2015 - 11h32]

En proie à d’intenses conflits depuis 2003, la population irakienne est fragilisée par un faible accès aux soins. Fin juillet, 184 programmes de santé ont été fermés, en lien direct avec le manque de fonds alloués à l’aide humanitaire. Une situation à laquelle réagit l’ONU.

A ce jour, 80% des interventions médicales humanitaires sont annulées en Irak, là où le conflit sévit depuis 12 ans. « Un million de patients dans le besoin ne pourront pas être soignés et 500 000 enfants n’auront pas accès au vaccin contre la poliomyélite », prévoit l’Organisation des Nations unies (ONU). Une annonce révélée fin juillet suite à la fermeture de 184 programmes de santé. Les autorités craignent le retour de la poliomyélite et de la rougeole.

Près de 2 millions de personne sans accès à l’eau. Et les dégâts ne s’arrêtent pas là. Au mois de mai dernier, « le manque de budget a aussi poussé les autorités à réduire les rations alimentaires d’un million de civils », rapporte l’ONU. Près d’un programme sur trois pour l’accès à l’eau sont aujourd’hui clos, « laissant 1,78 million d’Irakiens sans structures d’assainissement décentes et suffisantes ». Enfin, 1 million de femmes et 1,2 million de jeunes filles, victimes de sévices sexuels, n’ont pu bénéficier du programme d’aide prévu. « On laisse tomber les gens au moment où ils en ont le plus besoin », a déclaré Lisa Grande, coordinatrice humanitaire de l’ONU pour l’Irak.

Des citoyens fragilisés. La restriction en médicaments, le manque d’infrastructures médicales et les difficultés d’accès à l’eau potable favorisent la survenue de maladies hydriques comme les diarrhées aigües. Ces failles dans le système sanitaire font aussi le lit des infections respiratoires, gastro-intestinales, urinaires, vaginales ou encore des maladies de la peau. « Avant la fin de l’année, plus d’un million de personnes aura besoin de ces programmes d’aide pour survivre en Irak. Mais à ce jour, seuls 15% des 498 millions de dollars nécessaires à ces interventions sont aujourd’hui récoltés », souligne Lisa Grande.

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