Musculation : comment agir face à un ado accro ?

30 janvier 2026

Des pectoraux volumineux, des abdos saillants… Le mythe d’un corps soi-disant parfait, obnubile certains adolescents, bien souvent sous l’influence négative des réseaux sociaux. Avec quels risques ?

Un phénomène de société ? « A l’adolescence le corps devient très important, explique Florence Millot, psychologue pour enfants et adolescents. C’est l’âge où on se compare beaucoup, où on cherche sa place et où l’estime de soi est fragile. » 

Comme elle le rappelle, « l’activité physique en soi est presque toujours bénéfique. Le problème, c’est l’excès ». Et la musculation ne fait pas exception.

Blessures, fatigue… 

Dans pareilles situations, « l’on peut alors voir apparaître des blessures, de la fatigue, mais aussi une vraie souffrance psychologique avec l’impression de ne jamais en faire assez, plaide-t-elle.Quand  le sport devient une obligation plutôt qu’un plaisir, c’est un signal d’alerte ».

Sur les réseaux, des corps parfaits 

L’influence des réseaux sociaux apparaît « énorme ». Et pour cause, à longueur de journée, « les ados voient des corps parfaits, très musclés, très secs souvent retouchés ou irréalistes. Cela crée une pression : ils ont l’impression qu’il faut leur ressembler pour être aimé ou respecté ». Sans compter les conseils « pas toujours fiables » qui irriguent les vidéos en lien avec « des régimes extrêmes, le fait qu’il faille recourir à des compléments alimentaires, des poudres, ou autres programmes trop intenses… »

Des défis aussi… 

Florence Millot alerte particulièrement sur les défis sportifs très populaires sur internent, en référence notamment à des programmes intensifs popularisés par des influenceurs célèbres. « Ils sont à décrypter avec le parent, recommande-t-elle. Si ces contenus peuvent motiver, ils ne sont pas toujours adaptés à un adolescent ».  Parce qu’ils présentent une montée en charge trop rapide ou demandent beaucoup trop d’entraînement, très peu de repos ou poussent à transformer son corps très vite. « Pour un ado en pleine croissance, ça peut être trop difficile voire risqué pour sa santé ».

Quand consulter ? 

Selon Florence Millot, « tout dépend de la distance que le jeune arrive à garder ». Toujours est-il qu’elle préconise de consulter un médecin ou un psychologue quand « on sent que le jeune se met en danger ou que tout son équilibre dépend uniquement du sport ». Les principaux symptômes :

  • la survenue de « blessures répétées mais ignorées» ;
  • l’ado ne parle plus que de son corps ;
  • s’entraîne tous les jours, sans repos ;
  • culpabilise s’il rate une séance ;
  • mange très peu ou prend beaucoup de poudres protéinées ;
  • s’isole, semble triste,ou devient irritable.

Avec le soutien d’un professionnel, « l’objectif est de remettre du cadre et de protéger sa santé. L’idée n’est pas d’arrêter le sport, mais au contraire de l’aider à rester un soutien, et non pas une pression », conclut-elle.

  • Source : Interview de Florence Millot, 26 janvier 2026

  • Ecrit par : David Picot – Edité par : Vincent Roche

Destination Santé
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