IVG : le bilan, 40 ans après

[23 janvier 2015 - 15h22] [mis à jour le 23 janvier 2015 à 17h08]

Depuis 1975, date de dépénalisation de l’avortement en France, le taux de recours à l’IVG a connu plusieurs variations. Ainsi dans ses 20 premières années de légalisation, la pratique était en baisse constante. Depuis 2006, le taux de recours est relativement stable. Une tendance confirmée dans une étude publiée sur le site de l’Institut national d’études démographiques (Ined).

« Après avoir diminué de 1975 à 1995, le recours à l’interruption volontaire de grossesse (IVG) a légèrement augmenté avant de se stabiliser à la fin des années 2000 », précisent les auteurs de l’étude Ined. Ainsi en 2011, près de 210 000 interruptions volontaires de grossesse (IVG) étaient répertoriés en France, contre 219 000 en 2012 et 209 000 en 2013.

Allongement du délai en 2001, remboursement à 100% de l’IVG en 2013… en 40 ans, le recours à cet acte a été facilité. Au total, un tiers des Françaises y a déjà eu recours. « Au fil des années, les grossesses aux âges jeunes sont de moins en moins fréquentes et de plus en plus souvent interrompues », soulignent les chercheurs. Un certains nombre de ces grossesses non désirées peuvent aujourd’hui s’expliquer par la prise d’un contraceptif non adapté aux modes de vie des jeunes filles. En 2012, les 2/3 des femmes ayant avorté étaient en effet sous contraceptif.

3 avortements. « Une part moins importante des femmes a recours à l’IVG mais celui-ci est plus souvent répété », indiquent les chercheurs. Au total, 9,5% des femmes ont recours deux fois à l’IVG au cours de leur vie, et 4,1% ont fait ce choix au moins 3 fois.

7 semaines. C’est en moyenne le stade de la grossesse auquel les femmes ont recours à l’IVG aujourd’hui. En 2001, les femmes avortaient 10 à 12 semaines après la fécondation. Comment l’expliquer ? « Par l’allongement du délai légal en 2001, et l’entrée en vigueur d’une circulaire en 2009 et une circulaire venue assouplir l’accès à l’IVG médicamenteuse ». Lesquelles évolutions ont réduit les délais d’attente dans les centres pratiquant l’IVG.

« L’IVG, pas un moyen de contraception »

Le jeudi 15 décembre, à la veille des 40 ans de la légalisation de l’avortement, la Délégation sénatoriale aux droits des femmes à l’égalité entre les hommes et les femmes a réaffirmé le droit inhérent aux femmes de bénéficier de l’IVG.Celle-ci n’est « ni un moyen de contraception ni un acte banal, mais un moment de douleur », avait déclaré Najat Vallaud-Belkacem, en janvier 2014, alors ministre du droit des femmes. Six mois plus tard, la notion de détresse – inscrite dans la loi Veil – a été supprimée. Il s’agit de donner à toutes les femmes le choix de garder leur enfant ou non, et non exclusivement aux femmes exposées à une situation sociale et psychologique fragile. « L’accès à l’avortement est un droit à part entière, pas une simple tolérance assortie de conditions », avait à ce sujet déclaré l’ancienne ministre.

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