A 2 ans, les enfants n’ont pas encore les mots pour exprimer leur frustration quand les grands leur posent des limites. Alors ils se fâchent, crient, pleurent, voire se roulent par terre. Une réaction naturelle mais épuisante et inconfortable pour tout le monde. Des astuces pour limiter ce genre de crises.

Pour leur entourage, les colères des plus jeunes semblent souvent disproportionnées. Pour les spécialistes de la petite enfance, elles sont un passage quasi-obligé lié à leur développement. Elles débutent généralement quand ils commencent à se déplacer avec aisance, vers 15 mois. Marchant de mieux en mieux, ils se lancent alors à la découverte du monde et se confrontent par la même occasion à de plus en plus d’interdits. Partagés entre l’envie de les braver et celle d’écouter papa et maman, ils se font submerger par une émotion nouvelle : la colère. Mais la zone limbique de leur cerveau, spécialisée dans le contrôle des émotions, est encore immature. Voilà pourquoi ils peuvent si facilement se laisser déborder.

Le meilleur moyen pour ne pas en arriver là ? Leur éviter toute frustration. Mais c’est impossible, et heureusement. Même si c’est une expérience très désagréable à vivre, la frustration les aide à grandir. Pas question donc de céder systématiquement pour avoir la paix. A terme, cela ne rendrait service à personne. Rassurez-vous, ces crises s’estompent au fil des mois, les enfants exprimant de plus en plus facilement ce qu’ils ressentent avec des mots. En attendant, vous pouvez limiter l’intensité de leurs colères.

Avant toute chose, il faut aider votre enfant à mieux vivre sa colère. Lui-même est parfois effrayé par la force de cette dernière. Pour le rassurer, accroupissez-vous à sa hauteur. S’il l’accepte, posez votre main sur son épaule. Inutile de crier pour le faire taire, il crierait encore plus fort. Parlez lui doucement, chuchotez à son oreille. Peu à peu, il va de lui-même baisser le volume sonore pour pouvoir vous entendre. Dites « c’est vrai que c’est injuste », « je comprends que tu te sentes en colère », « c’est dur d’accepter ça ». Il doit se sentir autorisé à être en désaccord avec vous. Répétez-lui ensuite calmement l’interdit ou le « non » au tour de manège supplémentaire. Pour l’aider à digérer sa déception, proposez-lui un câlin, détournez son attention sur un autre objectif tout aussi séduisant. Devoir se dépêcher de rentrer à la maison, c’est embêtant. Mais une fois là-bas, rappelez-lui que vous pourrez jouer ensemble par exemple.

A noter : la fatigue favorise les colères. Assurez-vous que votre enfant a son comptant de sommeil. Si les crises se répètent, elles peuvent cacher autre chose : une inquiétude face à un déménagement, de la jalousie vis-à-vis du nouveau petit frère…

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