L’hypertension artérielle (HTA), c’est la maladie à cause de laquelle nous avons « de la tension » ! Et dieu sait qu’elle est répandue : si elle ne touche que 1% des 20/30 ans, elle affecte 8% des 40/50 ans. Après 50 ans la proportion passe à 20%, pour atteindre 35 % des plus de 60 ans ! Au total, la France compte 7 millions d’hypertendus.

Comme nous le rappelle le Pr Michel Bertrand, cardiologue au CHU de Lille, « la maladie est bien souvent découverte de façon fortuite. Lors d’un examen de routine, alors que les patients ne se plaignent de rien. Et il n’est pas facile de faire comprendre et accepter, par des patients qui ne ressentent aucun symptôme, qu’ils doivent se soigner et prendre des médicaments. » Pourtant le fait est là : l’hypertension retentit sur notre organisme à trois niveaux, tous d’importance majeure.
· D’abord au niveau du cœur. Car l’HTA provoque « un épaississement de la paroi du cœur, une hypertrophie du myocarde qui fait le lit de l’insuffisance cardiaque ».
· Ensuite au niveau du cerveau, puisqu’il est établi que « l’HTA est un facteur de risque majeur d’accident vasculaire cérébral (AVC) ». Un risque fondamental puisqu’il s’en produit 130 000 chaque année en France.
· Enfin au niveau rénal, l’hypertension étant « responsable d’une forme particulière d’insuffisance rénale chronique, la néphro-angio-sclérose. »

« Si l’on traite les patients, » insiste Michel Bertrand, « c’est pour les mettre à l’abri de ces complications. En particulier les AVC, dramatiques puisqu’ils peuvent conduire à des hémiplégies. »

Les idées fausses sur la « tension » ne manquent pas. Ainsi selon un récent sondage de la SOFRES, un Français sur trois fait l’amalgame entre tension artérielle et tension nerveuse. Cela n’a pourtant rien à voir ! Or c’est un amalgame dangereux. Car pour le Pr. Xavier Girerd, qui préside le Comité français de lutte contre l’HTA, «il sous-tend l’idée que si l’hypertendu n’est plus soumis aux tensions de la vie moderne, son hypertension va disparaître. Ce qui est malheureusement faux. Cette croyance entraîne des suspensions de traitement à certains moments, comme les vacances par exemple… » Qu’on se le dise, « L’HTA exige le recours à des médicaments qui doivent être pris très régulièrement. Et qui demeurent absolument nécessaires, même lorsque le stress a disparu. »

Etre « zen », c’est bien. Mais cela n’influe pas sur la tension artérielle ni par conséquent, sur l’HTA. Pour la faire baisser et protéger votre cœur et votre cerveau, l’association d’une bonne hygiène de vie et de vos médicaments s’impose sans discussion.

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