L’OMS en guerre… contre elle-même ?

[02 décembre 2005 - 00h00]

Plus qu’une première à l’OMS, du jamais vu ! Entre 500 et 600 fonctionnaires ont battu le pavé genevois, protestant contre les projets de restructuration de la Direction. Et dénonçant surtout, les menaces de licenciement contre qui cesserait le travail !

Quelle affaire… Cet événement considérable -propagé par les ondes, la presse et les agences internationales– trahit un malaise profond qui trouve ses racines dans la précarité d’une grande partie du personnel. L’étincelle qui a provoqué cette explosion est une lettre ouverte adressée aux fonctionnaires de l’OMS par le Coréen Lee Jong-wook, son Directeur Général.

Sans doute peu au fait des us et coutumes en matière de relations sociales, ce dernier y menace ceux de ses collaborateurs qui s’associeraient au mouvement -et ils sont invités à se déclarer par écrit…- « de sanctions disciplinaires pouvant aller jusqu’au licenciement« . Lee Jong-wook estime en effet que l’arrêt de travail d’une heure (!) auquel étaient appelé ses employés, « est une véritable trahison de notre confiance« .

« Ah bon ? Et de quel droit ? » s’étonne Maria Dweggah, membre du Comité exécutif de la FICSA, la Fédération des Associations de Fonctionnaires internationaux. Elle dénonce en bloc « le non-respect de la concertation, ce principe de base de la négociation entre une direction et ses employés (et aussi la fondation même des missions de l’ONU, n.d.l.r….). Ils veulent nous imposer leur plan de restructuration sans même prendre la peine de discuter avec nous. Et en plus, le Directeur Général se permet cette lettre. Quelle honte, vraiment. » Ambiance…

Et Maria Dweggah de poursuivre qu’ « en fin de compte, je remercie le Directeur Général pour sa lettre. Elle nous a beaucoup aidé. Une bonne partie du personnel était jusque-là réticent à toute manifestation mais (…) les gens ont été tellement dégoûtés et énervés qu’ils sont descendus dans la rue. Nous nous sommes sentis profondément insultés« .

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