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Franceinfo se faisait l’écho le 8 février 2026 de ces jeunes adultes, qui sur TikTok, Instagram ou d’autres réseaux sociaux, évoquent leur vie avec le lymphome de Hodgkin. Une prise de parole salutaire alors que ce cancer n’est pas si connu alors qu’il représente le lymphome le plus fréquent chez les adolescents et les jeunes adultes. La majorité d’entre eux sont âgés entre 20 et 30 ans.
Le lymphome de Hodgkin représente environ 10 % des lymphomes ; près de 80 000 nouveaux cas ont été diagnostiqués dans le monde en 2018. En France la même année, le nombre de cas estimés est de 2 127, dont 58 % chez les hommes.
Le lymphome est un cancer du système immunitaire. Dans le lymphome de Hodgkin, les lymphocytes B, – un sous-type de globules blancs – se transforment et prolifèrent de manière incontrôlée. Les lymphocytes B anormaux (ou cellules de Reed Sternberg), s’accumulent et finissent par former un amas de cellules cancéreuses, dans les ganglions lymphatiques, mais aussi dans la rate, la moelle osseuse et d’autres organes.
Une personne dont un membre de la famille a été touché par un lymphome de Hodgkin présente davantage de risque d’en développer un à son tour par comparaison à la population générale.
L’immunodépression serait aussi un facteur de risque. Les causes sont alors multiples : les maladies auto-immunes (comme la polyarthrite rhumatoïde), certains traitements immunosuppresseurs devant être prescrits sur le long cours lors d’une greffe d’organes, ou encore le virus de l’immunodéficience humaine (VIH).
Le virus d’Epstein-Barr à l’origine de la mononucléose augment aussi le risque d’apparition de ce cancer. Il infecte les lymphocytes B dont il active les gènes de croissance. Des années plus tard, les cellules infectées peuvent se transformer en cellules cancéreuses. Les hépatites B et C peuvent aussi augmenter les risques.
Une augmentation du volume des ganglions lymphatiques, le plus souvent au niveau du cou, peut mettre sur la piste du lymphome de Hodgkin, entraînant parfois un œdème au niveau du visage. « Ces ganglions ne sont pas douloureux et leur évolution est lente », précise le centre anticancer Gustave-Roussy. Celui-ci cite aussi une perte de poids, une fatigue, des sueurs nocturnes, une fièvre et des démangeaisons. Ces symptômes ne sont pas toujours présents. Parfois, lorsque les ganglions devenus très volumineux compriment les organes voisins, ils peuvent entraîner une toux ou une gêne respiratoire.
Le diagnostic repose sur une biopsie, le prélèvement d’un échantillon de tissu d’un des ganglions anormaux. La présence de cellules de Reed Sternberg permet de confirmer le diagnostic. Il est ensuite nécessaire de réaliser ce que le centre Gustave-Roussy appelle un “bilan d’extension”. Cela consiste en plusieurs examens qui permettent de déterminer les différentes localisations du cancer et ses stades d’évolution.
Le lymphome de Hodgkin est essentiellement traité par chimiothérapie. La durée du traitement sera déterminée en fonction du bilan d’extension. Une radiothérapie peut être administrée chez près d’un quart des patients à l’issue de la chimiothérapie. Il s’agit d’un cancer qui se soigne bien avec une survie globale de plus de 90 % chez les enfants et les adultes de moins de 20 ans.

Source : La Fondation pour la recherche sur le cancer, Le centre Gustave-Roussy, Institut national du cancer

Ecrit par : Dorothée Duchemin – Edité par Emmanuel Ducreuzet