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« L’amour est une nécessité biologique – il est aussi essentiel à notre bien-être que l’exercice physique, l’eau et la nourriture, explique la neuroscientifique Stephanie Cacioppo, autrice de Wired for Love : A Neuroscientist’s Journey Through Romance, Loss, and the Essence of Human Connection* (Macmillan, 2022). D’un point de vue neuroscientifique, on peut même dire que l’amour s’épanouit dans le cerveau. »
L’idée de savoir ce qui nous passe par la tête lorsque nous tombons amoureux n’est pas nouvelle. Vingt années de recherches ont démontré que dans pareille situation, c’est d’abord une partie très primitive du système de récompense du cerveau qui s’active.
La neuroscientifique Lucy Brown et son équipe de l’Einstein College of Medicine de New York ont utilisé l’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMf) pour étudier 17 personnes « intensément amoureuses », identifiées grâce à « l’échelle de la passion amoureuse », un questionnaire mis au point dans les années 80 et évaluant les aspects cognitifs, émotionnels et comportementaux de l’amour.
Lorsque les participants regardaient une photo de leur bien-aimé, les chercheurs ont observé une activation de l’aire tegmentale ventrale, une région liée à la satisfaction des besoins fondamentaux comme boire quand on a soif ou manger quand on a faim.
« C’est la zone du cerveau qui contrôle des réflexes aussi basiques que la déglutition, explique Brown. Alors que nous considérons souvent l’amour romantique comme une émotion complexe et euphorique, cette activation dans une partie aussi fondamentale du cerveau nous indique que l’amour romantique est en réalité une pulsion visant à satisfaire un besoin essentiel. »
D’autres études menées par l’équipe de Stephanie Cacioppo ont révélé que 12 zones cérébrales travaillent de concert pour libérer des substances chimiques comme la dopamine, l’hormone du bien-être, l’ocytocine, l’hormone du plaisir ou l’adrénaline, qui induit une sensation euphorique. Pendant ce temps, nos niveaux de sérotonine – une hormone clé dans la régulation de l’appétit et des pensées anxieuses intrusives – chutent considérablement. « Cela explique pourquoi les personnes qui vivent les premiers instants d’une relation amoureuse peuvent devenir obsédées par de petits détails, passant des heures à débattre d’un SMS envoyé ou reçu par leur bien-aimé(e) », notent les chercheurs.
Une fois l’excitation initiale d’un nouvel amour estompée et qu’un couple s’engage davantage, les zones d’activation du cerveau s’étendent également. Dans des études menées auprès de couples récemment mariés, l’équipe de Lucy Brown a découvert que certaines parties des ganglions de la base – la zone responsable du contrôle moteur – s’activaient lorsque les participants regardaient des photos de leur partenaire de longue date.
« C’est une zone du cerveau fortement impliquée dans l’attachement, donnant aux humains la capacité de tenir bon même quand les choses ne vont pas très bien », explique la neuroscientifique.
L’amour à long terme stimule également l’activation dans des zones plus cognitives du cerveau comme le gyrus angulaire, la partie associée aux fonctions linguistiques complexes, et le système des neurones miroirs, une région qui vous aide à anticiper les actions d’autrui. C’est ce qui explique pourquoi certains couples terminent les phrases l’un de l’autre.
*Connectés pour l’amour : Le parcours d’une neuroscientifique à travers l’amour, le deuil et l’essence des relations humaines

Source : American psychological association- https://www.apa.org/topics/marriage-relationships/brain-on-love

Ecrit par : Vincent Roche – Edité par : Emmanuel Ducreuzet