Dans l’imaginaire collectif, le cap de la quarantaine marquerait un basculement voire la survenue d’une crise présentée comme inéluctable… De quoi parle-t-on ? S’agit-il vraiment d’une « crise » ou simplement d’une étape de la vie ? Tentatives de réponses.

En premier lieu, « l’expression crise de la quarantaine n’est pas bien nommée », à en croire la psychologue Valérie P. « Il serait préférable de parler de crise de milieu de vie », comme l’appellent d’ailleurs les Anglo-Saxons : « midlife crisis ».

Mais encore faut-il qu’il y ait crise ? « Cet âge est certes le moment d’un bilan personnel comme professionnel car on éprouve la sensation de basculer vers une autre tranche de vie. Et donc de s’interroger : qu’ai-je accompli jusqu’ici ? Et maintenant, quels sont mes objectifs ? Ce questionnement et le changement de cap qui peut l’accompagner ne correspondent pas à une crise s’ils sont mûrement réfléchis ». En revanche, « c’en est une lorsque le changement en question intervient subitement et qu’il est incompréhensible pour l’entourage ».

Davantage d’expérience

Quelques chercheurs ont étudié le phénomène. A l’Université d’Arizona de Tucson, le psychologue David Almeida s’est penché sur les « facteurs de stress multiples », à cette période de la vie ? Peuvent-ils générer une crise ? « Non, au contraire. Globalement, ils apparaissent mieux gérés avec l’expérience voire considérés comme autant de challenges », souligne-t-il.

Susan Krauss Whitbourne, sa consœur de l’Université du Massachusetts à Amherst a mis en avant les bienfaits d’un changement préalable de travail. Par exemple, vers la trentaine. Il serait en quelque sorte un élément protecteur contre une éventuelle crise de milieu de vie. « Car les personnes n’ont pas l’impression d’être bloqués dans leur travail, dans leur vie », lance-t-elle.

Dans tous les cas et à l’image Sherry L. Willis, professeur en développement humain à l’Université de l’Etat de de Pennsylvanie, de nombreux scientifiques appellent à la réalisation d’études sur ce « milieu de vie. On s’intéresse beaucoup aux capacités cognitives des bébés et des enfants puis à celle des aînés. Mais bien trop peu à l’entre deux », conclut-elle.

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