La fin de la pandémie, est-ce pour bientôt ?

27 janvier 2022

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a estimé qu’une fin de la pandémie de Covid-19 en Europe était plausible avec le variant Omicron. Est-ce envisageable ? Le point avec Jean-Stéphane Dhersin, du CNRS.

Une façon d’éteindre une épidémie – ou une pandémie – est de parvenir à une immunité collective. C’est-à-dire que suffisamment de personnes soient protégées d’une réinfection par la vaccination ou par une contamination pour que le virus n’ait plus de ressources. Est-ce que ce sera bientôt le cas en Europe ? C’est ce que suggérait Hans Kluge, directeur régional de l’OMS pour l’Europe, lundi en évoquant « une période de calme avant peut-être le retour du Covid-19 vers la fin de l’année mais pas nécessairement le retour de la pandémie ». Et ce grâce au variant Omicron, plus transmissible et moins sévère. Pourtant comme le rappelle Jean-Stéphane Dhersin, directeur adjoint scientifique de l’Institut national des sciences mathématiques et de leurs interactions du CNRS, « personne ne peut l’affirmer ».

Immunité collective incertaine

En effet, pour parvenir à une immunité collective, il faudrait a minima que plus de 60% de la population soit contaminée ou vaccinée. Mais surtout que ces personnes ne puissent pas être recontaminées. Ce serait alors le véritable pic de l’épidémie. Et jusqu’à présent, « toutes les vagues n’ont atteint qu’un faux pic, car obtenus grâce à des actions sur la transmission comme le port du masque, la limitation des contacts ou les confinements », explique-t-il.

De plus, tous les nouveaux variants présentent une transmissibilité plus élevée que le précédent. Et il est difficile de déterminer le R0 de chaque variant – c’est-à-dire le nombre de personnes qu’un individu infecté peut contaminer durant le portage du virus.

Incertitude sur les futurs variants

« Je pense qu’on n’est pas encore près de l’immunité collective et donc de la fin de la pandémie », estime Jean-Stéphane Dhersin. En revanche, « le point positif réside dans le fait qu’il y a moins de formes graves avec Omicron », poursuit-il. Mais « rien ne peut indiquer quels seront les futurs variants, s’ils présenteront un échappement immunitaire et s’ils produiront des formes plus graves ou non ».

Il y a donc beaucoup d’incertitudes et aucune preuve scientifique actuellement pour valider cette perspective tant espérée par tous. Ce qu’évoquait d’ailleurs le Directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus lundi en « estimant dangereux d’assurer qu’Omicron serait le dernier variant et que le jeu était terminé ».

A noter : 130 millions d’Européens ont officiellement contracté la Covid-19 depuis le début de la pandémie et plus de 1,7 million de personnes en sont décédées.

  • Source : Interview de Jean-Stéphane Dhersin, directeur adjoint scientifique de l’Institut national des sciences mathématiques et de leurs interactions du CNRS

  • Ecrit par : Dominique Salomon - Edité par : Emmanuel Ducreuzet

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