Apnées du sommeil : la stimulation du nerf hypoglosse efficace jusqu’à au moins 3 ans

05 mars 2026

Chez les personnes ayant un syndrome d’apnées obstructives du sommeil en mal de solution, la stimulation du nerf hypoglosse au moyen d’un dispositif implantable est validée en France. Une étude américaine vient de montrer que son efficacité se maintient à trois ans.

La stimulation du nerf hypoglosse correspond à un dispositif thérapeutique indiqué dans le traitement des apnées du sommeil. Également appelé « stimulateur lingual », il est implantable juste sous la peau à la racine du cou. Celui-ci module l’activité des muscles de la langue via la stimulation du nerf hypoglosse. Objectif : maintenir suffisamment ouvertes les voies aériennes supérieures pendant le sommeil.

Concernant l’unique modèle disponible en France (INSPIRE IV), la fixation de l’électrode de stimulation au niveau distal du nerf hypoglosse assure une activation de groupes musculaires spécifiques des voies aériennes supérieures. Le dispositif analyse en continu le signal respiratoire du patient. Il délivre une stimulation lors de l’inspiration et à la fin de l’expiration, car ce sont deux moments au cours desquels l’obstruction des voies aériennes supérieures peut survenir, du fait de l’affaissement des parois du pharynx pendant le sommeil.

Une sélection rigoureuse des patients implantables

Cette approche est proposée chez les patients présentant un syndrome d’apnées obstructives du sommeil après intolérance ou inefficacité de la pression positive continue (PPC) et/ou de l’orthèse d’avancée mandibulaire (OAM). « Ce nouveau traitement alternatif en France chez les patients restant symptomatiques (ronflement, fatigue, somnolence importante, maux de tête au réveil, difficultés de concentration, ndlr), en échec de traitement par PPC et OAM, doit être proposé chez des patients rigoureusement sélectionnés dans des centres spécialisés », indique un consensus publié fin 2025 de plusieurs sociétés savantes impliquées dans le sommeil.

Ce traitement est remboursé en France (depuis 2024) sur l’avis favorable de la Haute Autorité de santé (HAS). Selon ce consensus français, il est indiqué chez des patients apnéiques symptomatiques, après échec de la PPC et de l’OAM, avec un index d’apnées-hypopnées (IAH) compris entre 15 et 50 événements par heure (le critère qui définit la sévérité du syndrome des apnées) et un indice de masse corporelle (IMC) < 32 kg/m². En effet, le dispositif ne doit pas être utilisé chez les personnes en surpoids, souffrant d’une maladie neuromusculaire grave ou de toute autre maladie ou trouble du sommeil, comme la narcolepsie.

Moins d’apnées, une amélioration de la somnolence et de la qualité de vie

Les experts français ont réalisé une revue des études scientifiques sur cette technique et s’accordent sur plusieurs bénéfices : une diminution significative de l’IAH (68 %) et de l’index de désaturation (qui traduit un manque d’oxygène) abaissé de 70 % à 12 mois, une amélioration significative de la somnolence et de la qualité de vie, « avec des résultats semblant stables à 36 mois ».

Il existe d’autres dispositifs qui stimulent la partie proximale* du nerf hypoglosse, avec une même finalité. Une étude américaine qui vient d’être publiée dans la revue Chest, l’une des principales revues scientifiques dans le domaine de la pneumologie les a étudiés. Dans l’étude de phase III THN3, menée par Alan Schwartz (Vanderbilt University School of Medicine, Nashville), les résultats « présentent un rapport bénéfice-risque favorable qui se maintient au moins trois ans dans le traitement du syndrome d’apnées–hypopnées obstructives du sommeil (SAHOS) », commentent les auteurs.

Selon les chiffres, à 12-15 mois, l’IAH médian diminuait de 36,5 événements par heure à 19,6, avec un IAH médian de 18,9 à trois ans. Les apnées obstructives devenaient rares, tandis que les hypopnées (diminution du flux respiratoire) étaient nettement réduites.

L’index de désaturation en oxygène passait de 35,1/h à l’inclusion dans l’étude à 19,7/h à 12–15 mois, puis se maintenait à 20,4/h à trois ans. Même évolution favorable pour les paramètres cliniques avec une amélioration de l’architecture du sommeil. La somnolence diurne diminuait aussi, avec un score à l’échelle d’Epworth passant de 11,2 à l’inclusion dans l’étude à 6,5 à trois ans. La qualité de vie progressait également : le score FOSQ-10 (Functional Outcomes of Sleep Questionnaire) augmentait de 15 à 18,3 points et le score global passait de 78,3 à 82,9 points.

Ces résultats de la stimulation proximale du nerf hypoglosse sont cohérents avec ceux rapportés lors de la stimulation distale de ce même nerf, soulignent les chercheurs.

 

* Position proximale : l’électrode est positionnée sur le tronc principal du nerf; Position distale : l’électrode est implantée après la division du nerf, au niveau des branches destinées principalement aux muscles qui mettent en mouvement la base de la langue.

  • Source : « Stimulation du nerf hypoglosse dans le traitement de l’apnée obstructive du sommeil : état des lieux en France et proposition du groupe de travail SFRMS, SPLF, SFORL en médecine du sommeil » - 19/12/25 ; Schwartz AR, et al, THREE-YEAR OUTCOMES OF PROXIMAL HYPOGLOSSAL NERVE STIMULATION IN OBSTRUCTIVE SLEEP APNEA, Chest (2026), doi: https://doi.org/10.1016/ j.chest.2025.11.057.

  • Ecrit par : Hélène Joubert ; Édité par Emmanuel Ducreuzet

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