La gravité de la grippe liée à notre patrimoine génétique ?

[31 mars 2015 - 09h55] [mis à jour le 31 mars 2015 à 10h00]

Chez certains la grippe va guérir en à peine une semaine, tandis que chez d’autres elle peut s’avérer très sévère, voire mortelle dans de rares cas. Selon une équipe INSERM, une mutation génétique jusque-là inconnue pourrait expliquer la fragilité de certains patients.

Les maladies pulmonaires chroniques figurent parmi les facteurs de risque connus pouvant entraîner une grippe sévère. Mais l’origine de la plupart des cas mortels reste inexpliquée, particulièrement chez les enfants. Des chercheurs associant des équipes françaises et américaines ont formulé l’hypothèse selon laquelle la grippe sévère frappant les plus jeunes pourrait résulter d’erreurs génétiques.

Ils ont séquencé le génome entier d’une enfant de 7 ans ayant contracté cette forme de l’infection. A l’âge de deux ans en effet, elle a dû être hospitalisée en service de réanimation pédiatrique. Elle ne présentait à l’époque aucune pathologie connue qui aurait pu suggérer une vulnérabilité plus forte au virus que d’autres enfants. Les scientifiques ont mis en évidence que la petite fille avait hérité d’un allèle muté du gène codant pour le facteur de régulation IRF7 de chacun de ses deux parents. Or ce dernier est connu pour amplifier la production d’interférons en réponse à une infection virale chez l’homme. Autrement dit, le système immunitaire de cette patiente était déficient.

Sur la base de ces premières constatations, les chercheurs de l’INSERM estiment que des stratégies thérapeutiques reposant sur les interférons recombinants pourraient aider à combattre les formes sévères de grippe chez les enfants.

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