La perte de poids, c’est aussi dans la tête !

26 février 2025

C’est un fait, de nombreux facteurs psychologiques jouent un rôle majeur dans la gestion du poids. Quels sont-ils ? Comment les dépasser pour perdre des kilos superflus ? Eléments de réponse.

La santé mentale et le poids apparaissent tellement liés que la prise en charge psychologique fait partie intégrante, selon la Haute Autorité de Santé (HAS), du parcours de soins de patients souffrant d’un surpoids et a fortiori d’une obésité. Que ce soit pour « approfondir l’impact du retentissement psychique du surpoids ou de l’obésité », rapporte la HAS, « exprimer le vécu douloureux de la prise de poids » ou encore explorer des raisons présentes ou passées susceptibles d’être liées à une prise – ou une perte – de poids. A l’image de situations de violences physiques et/ou psychologiques.

Un espace de parole

« La consultation psychologique constitue un espace de parole, pour parler de soi en toute confiance », situe la psychologue Valérie P. Mais comme la santé mentale peut expliquer une prise de poids, elle peut également constituer un frein à la perte des kilos en trop.

Des blocages identifiés

Auteure d’une thèse sur le sujet (Université de Marseille), Clara Amabile, a identifié plusieurs de ces freins :

– la motivation en berne : bien souvent « les patients – notamment souffrant d’obésité, n.d.l.r. – ont du mal à mobiliser leur volonté d’entamer ou de poursuivre le processus de perte de poids », rapporte-t-elle. La prise en charge vise ainsi l’adoption de nouveaux comportements. A l’image également de la reprise d’une activité physique adaptée ;

– une estime de soi proche du néant : laquelle peut également être « exacerbée par la stigmatisation sociale », qui peut notamment être liée à l’obésité ;

– des difficultés personnelles : problèmes familiaux, de santé, ou accidents de la vie constituent autant d’obstacle à la perte de poids. De par le stress qu’ils génèrent et par le fait qu’ils « détournent la motivation des patients de leur objectif de santé », synthétise Clara Amabile.

Sortir du cercle vicieux

D’une manière générale, les difficultés émotionnelles peuvent entraîner un cercle vicieux où l’alimentation devient un moyen de les apaiser. Dans ce contexte, toute velléité de perte de poids apparaît souvent vaine. Comme le souligne Valérie P., la consultation psychologique « permet ainsi de travailler ce rapport à la nourriture, lorsqu’elle a un autre usage que celui de manger ». Et de faire en sorte que celle-ci ne constitue plus un refuge vers lequel l’on se dirige de façon compulsive pour gérer les émotions négatives.

  • Source : Clara Amabile. Identification des freins à la perte de poids chez les adultes en situation d’obésité ayant réalisés au moins un séjour en SMR nutrition. Sciences du Vivant [q-bio]. 2024. HAS. Surpoids et obésité de l’adulte – Fiches - Rôle des professionnels impliqués dans le parcours de soins. Février 2024 - Interview Valérie P., 24 février 2025

  • Ecrit par : David Picot - Edité par Emmanuel Ducreuzet

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