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Qu’un enfant n’ait pas toujours envie d’aller à l’école n’a rien de pathologique. Tant que ce comportement reste ponctuel et qu’aucune souffrance n’y est associée. « Les enfants souffrant de phobie scolaire sont très anxieux voire terrorisés à l’idée d’aller en classe », définit Vincent Joly, psychologue à Paris. « Pour éviter de devoir s’y rendre, ils mettent en place de nombreuses stratégies. » Par exemple, ils affirment avoir de la fièvre. Ils présentent en outre des manifestations somatiques, comme des maux de ventre, des nausées, des sueurs… S’ils sont malgré tout contraints à aller à l’école, ils réagissent par des pleurs, des cris, une grande agitation. Ce qui est la manifestation d’une souffrance incontrôlable.
Les causes de la phobie scolaire sont diverses et peuvent se superposer. Une situation de harcèlement, d’échec scolaire, une anxiété de performance ou encore un événement traumatisant n’ayant rien à voir avec l’école… Et le contexte de la crise sanitaire constitue un facteur supplémentaire favorisant la survenue de ces troubles anxieux. « L’incohérence peut induire une perte de confiance de l’enfant envers l’école », explique Vincent Joly. En l’occurrence, par exemple, avant les vacances scolaires, le masque était déconseillé pour les enfants car on affirmait qu’ils étaient peu porteurs du virus. Désormais, il leur est imposé dès 6 ans.
Quelle que soit la cause à l’œuvre, la phobie scolaire n’est pas un caprice ou un simple passage à vide que l’enfant peut surmonter avec quelques efforts. Il a besoin d’aide pour s’en sortir.
Un des signes marquants de cette phobie est la disparition des manifestations de l’anxiété lors des vacances et des week-ends. Et bien sûr leur réapparition à l’approche de la rentrée. Généralement l’enfant garde le goût des apprentissages scolaires malgré tout.
Il est important de consulter un psychologue en cas de suspicion de phobie scolaire, ou même de troubles anxieux associés à l’école. Mais aussi de s’adresser aux enseignants, afin d’échanger et de mettre en place une prise en charge efficace et bienveillante. Objectif, « offrir à l’enfant les moyens, le temps et la souplesse nécessaires à sa reconstruction et à son apaisement », rappelle l’association Phobie scolaire. Il est alors nécessaire de « s’adapter à son rythme sans vouloir lui imposer (celui des parents ou) celui des établissements ». Enfin, « le dialogue de ces trois entités (famille, école et thérapeutes) autour des besoins et de l’accompagnement de l’enfant, notamment au moment de la reprise en milieu scolaire, est le seul gage d’un retour progressif à une scolarité normale », assure l’association.
Source : mpedia.fr, site de l’Association française de pédiatrie ambulatoire – Association phobiescolaire.org – Tousalecole.fr, consultés en novembre 2020 – interview de Vincent Joly, psychologue à Paris, 5 novembre 2020
Ecrit par : Dominique Salomon - Edité par : Emmanuel Ducreuzet
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