La vaccination : un investissement payant

[23 avril 2014 - 14h29] [mis à jour le 23 avril 2014 à 14h57]

« Une vie toutes les 20 secondes ». Chaque année dans le monde, 1,7 million d’enfants meurent d’une maladie évitable par la vaccination. En grande majorité dans les pays en développement. C’est justement pour en finir avec ces chiffres insupportables qu’a été créée l’Alliance mondiale pour les vaccins et la vaccination (GAVI). C’était en janvier 2000. Bilan d’étape.

La GAVI Alliance est un partenariat public/privé dont le but est de « sauver la vie des enfants et protéger la santé des personnes en élargissant l’accès à la vaccination dans les pays en développement ».

« Public/privé » signifie que l’Alliance réunit des gouvernements  donateurs, l’Organisation mondiale de la santé (OMS), l’UNICEF, la Banque mondiale, des laboratoires pharmaceutiques, des instituts de  recherche, la Fondation Bill & Melinda Gates… « En travaillant de concert, les membres de l’Alliance peuvent viser des objectifs qu’aucune organisation ne parviendrait à atteindre en agissant seule » expliquent les représentants du GAVI.

Le GAVI finance des programmes de vaccination dans les pays en développement où vivent 85% des enfants non vaccinés dans le monde. Grâce à ses donateurs, l’Alliance prévoit de dépenser 2,5 milliards d’euros au cours de la période 2011- 2015 pour vacciner plus de 100 millions d’enfants dans les États ACP.

Où va l’argent ?

Entre 2000 et 2010, plus de 107 millions d’enfants ont déjà pu être vaccinés dans les États d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique.  Contre des maladies comme la méningite A, le tétanos maternel et néonatal, la fièvre jaune et bien-sûr la rougeole. Des « nouveaux » vaccins ont également pu être distribués comme le pentavalent (diphtérie, tétanos, coqueluche, hépatite B et Haemophilus influenzae type b), celui contre les infections à pneumocoques et encore ceux contre les rotavirus,  lesquels étant responsables des millions des diarrhées infantiles.

Quels sont les succès du GAVI ? « Le principal reste incontestablement l’effondrement de la mortalité en Afrique » se réjouit le Dr André Prost, administrateur du GAVI. « Seule la vaccination peut expliquer cet état de fait ! Malgré des épidémies (comme le SIDA), l’espérance de vie est en hausse. La rougeole y est presqu’éliminée… alors que nous sommes à la peine en France. Un gros effort a été mené sur la méningite. En fait, toutes ces maladies fragilisaient les enfants. Par exemple, après une rougeole, ils pouvaient entrer dans un cycle de malnutrition… »

Quels défis à relever ? « Ils sont en fait de deux ordres » continue André Prost. « En premier lieu, l’éradication de la poliomyélite. On constate en effet un retour de la maladie dans certaines zones de guerre comme l’Afghanistan, le Pakistan ou la Syrie. Le second objectif passe par la lutte contre les diarrhées responsables d’un quart de la mortalité infantile en Afrique. Plus de 2,4 millions de décès d’enfants peuvent être évités d’ici 2030 en accélérant l’introduction des vaccins antirotavirus dans les pays éligibles au soutien de GAVI. »

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