La perte du goût est le plus souvent passagère et due à un simple rhume. Mais l’agueusie comme l’appelle les spécialistes, peut aussi être le symptôme d’un trouble plus sévère et s’installer sur la durée. Explications.

Les cellules sensitives à l’origine de la gustation sont les papilles linguales (ou papilles gustatives). Il en existe environ 10 000, réparties sur toute la surface de la langue. Chacune contient des petits chimiorécepteurs qui analysent les molécules issues des aliments. Ces informations sont ensuite transmises par différents nerfs au cerveau où elles sont comparées à un lexique de références sensorielles mémorisées. Ce n’est qu’au terme de ces opérations que l’aliment peut être identifié.

Mais il arrive que ces récepteurs du goût soient saturés. Dans la grande majorité des cas, c’est transitoire car il s’agit d’un problème ORL sans gravité (allergie, rhume). Le tabagisme est aussi souvent en cause. Tout comme les bains de bouche trop fréquents, un reflux gastro-oesophagien ou encore la prise d’un traitement médicamenteux. L’agueusie fait partie des effets secondaires bien connus de la chimiothérapie. Plus rarement, des polypes situés dans les fosses nasales, voire une tumeur lésant les nerfs olfactifs situés à la base du crâne, peuvent expliquer une agueusie.

Demandez un avis médical

Si la perte de goût s’installe dans la durée, il est indispensable de consulter. Pour connaître son origine exacte mais aussi pour éviter l’installation de troubles alimentaires. Quand la nourriture n’a plus de goût, elle n’a plus d’intérêt et les risques d’anorexie et d’anémie sont augmentés. A l’inverse, dans l’espoir de retrouver le goût des aliments, la tentation d’en ingérer davantage est grande et le risque de boulimie bien réel. Notes que les frustrations causées par l’agueusie peuvent conduire une personne prédisposée à la dépression.

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