Le lait et ses précieux peptides bioactifs

[24 novembre 2016 - 09h36] [mis à jour le 24 novembre 2016 à 09h40]

Composantes du lait et de ses dérivés, certaines protéines possèdent de nets bénéfices sur la santé humaine. Ainsi, les systèmes digestif, cardiovasculaire, immunitaire et neurologique se trouvent impactés par la libération de peptides bioactifs dans l’organisme.

Séquences de protéines composées de 2 à 20 acides aminés, les peptides bioactifs dérivés du lait n’ont aucune propriété avant libération dans l’organisme. Mais une fois assimilés par ce dernier, des bénéfices biologiques s’opèrent. La libération de ces peptides se fait lors du passage des aliments au niveau de l’appareil gastro-intestinal, un mécanisme régulé par l’action des enzymes digestives.

Une forte versatilité biologique

Pour mieux comprendre ces mécanismes, des chercheurs de la King Saud University (Arabie Saoudite) ont classé ces peptides en 5 catégories. Certains jouent un rôle antimicrobien. Ils inhibent dans ce cas des bactéries pathogènes comme Escherichia coli, Listeria monocytogenes, Staphylococcus aureus et différentes salmonelles. Retrouvés dans ces peptides, la lactoférine et ses dérivés présentent une efficacité in vitro dans l’élimination de virus hépatiques comme le poliovirus et le rotavirus.

La deuxième classe des peptides participe à la régulation du système immunologique. Appelés immunomodulateurs, ils sont pour la plupart issus de la caséine et du lactosérum. Ils participent à la prolifération des lymphocytes, à la régulation de la production de cytokines pro-inflammatoires mais aussi à la synthèse d’anticorps et à la phagocytose sous l’action des macrophages.

Dans la troisième catégorie, les peptides bioactifs issus de caséine (le plus souvent humaine ou bovine) participent à la régulation de la pression artérielle et constitue donc un facteur protecteur de l’hypertension. Dans le quatrième groupe, les peptides dits opioïdes agissent sur le système nerveux central et périphérique. En participant notamment à la sécrétion de l’insuline et de somatostatine, ils aident à la régulation de l’appétit et au contrôle du poids. Enfin les peptides du cinquième groupe, composés d’acides aminés hydrophobes, s’avèrent connus pour leur action antioxydante. Leur mode d’action ? Capturer ou en éliminer les radicaux libres.

Des bénéfices pour la santé de l’Homme

Grâce à ces pouvoirs, les peptides bioactifs dérivés du lait sont – selon les mêmes chercheurs – efficaces contre la survenue de maladies chroniques comme les maladies non transmissibles, l’obésité, les maladies cardiovasculaires et le diabète. Ils participeraient à prévenir la survenue de certains cancers et de l’ostéoporose. Mais de quel lait parle-t-on ? Des protéines animalières dérivées du lait de vache, de chèvre et de brebis.

Malgré ces bénéfices, l’intégration de ces peptides bioactifs dans des médicaments ou aliments spécifiques prescrits dans un cadre clinique n’est pas encore au programme. De prochains travaux doivent en effet évaluer le risque allergique et toxique ainsi que la stabilité des modes de libération de ces peptides bioactifs dérivés du lait.

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