Laits infantiles et OGM sur le bureau de la Commission du Codex

21 juillet 2004

Si la Commission du Codex Alimentarius se réunit un an plus tôt que prévu, c’est qu’elle a du pain sur la planche. Jusqu’à présent en effet, les membres de la Commission se réunissaient une fois tous les deux ans seulement.

Or au terme d’une évaluation conjointe de l’OMS et de la FAO, le rythme de travail est fortement accéléré. Il est vrai que les sujets de préoccupation en matière de sécurité alimentaire sont de plus en plus nombreux. Et la pression des Etats Membres toujours plus présente.

Parmi les thèmes de travail que le Codex va privilégier, deux sont au coeur de l’actualité. D’abord la révision du ” Code international d’usages pour les aliments pour nourrissons et enfants en bas âge “. Adopté voici maintenant 23 ans – et allègrement violenté – il a besoin d’un sérieux dépoussiérage. Pour tenir compte des accidents industriels observés ici et là. En particulier ceux qui ont trait à la bactérie Enterobacter sakazakii, ou aux succédanés des laits infantiles. C’est le cas des accidents survenus en Israël et d’autres pays avec des laits de soja utilisés par les végétaliens.

Se pose également le problème des ” contournements ” de ce Code, même – voire surtout – par des compagnies qui assurent le soutenir. Ainsi d’une étude récemment rendue publique et selon laquelle des laits supplémentés – en vitamines et/ou probiotiques – permettraient de réduire considérablement les risques de diarrhées infantiles. Menée sous l’égide du Numéro 1 néo-zélandais de l’industrie laitière New Zealand Milk, cette étude a certes été menée en Inde. Mais sur une cible d’enfants – de 12 à 36 mois – appartenant ” à des familles de classe moyenne bénéficiant d’un haut niveau d’éducation et d’emploi.

Rien à voir avec les enfants qui chaque année dans les pays en développement, représentent la masse des 2,5 millions de victimes des diarrhées parmi les moins de 5 ans ! Et c’est normal puisque le vecteur de ces épidémies mortelles n’est pas le lait – ni en poudre ni liquide – mais bien l’eau. Celle qui est mélangée à la poudre, ou bue à côté du lait liquide… D’où le problème posé par cette approche, même limitée aux enfants sevrés.

Autre sujet de préoccupation pour le Codex alimentarius, la présence des OGM dans les aliments. Ou plutôt les préoccupations croissantes des consommateurs concernant leurs effets éventuels. Il est donc question de plus en plus, que la Commission décide prochainement de rétablir le Groupe spécial intergouvernemental sur les aliments dérivés des biotechnologies.

  • Source : La revue Prescrire, juillet-août 2004, Tome 24, N°252

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