La presbyacousie qui correspond au vieillissement naturel de l’audition est peu connue. Selon un sondage Ipsos.Digital pour EssilorLuxottica, seuls 9% des Français savent de quoi il s’agit. Et 23% l’attribuent effectivement au vieillissement naturel. La presbyacousie s’installe progressivement, et touche d’abord la compréhension de la parole, en particulier dans les environnements sonores complexes. Longtemps banalisée, elle reste pourtant mal identifiée par le grand public.
« L’ouïe est un sens largement négligé », explique Luc Arnal, chercheur en neurosciences cognitives de l’Institut reConnect à l’Institut de l’Audition (Institut Pasteur). « La presbyacousie évolue progressivement : on s’y adapte sans la nommer et on attribue la gêne au bruit ou aux autres. Les premiers signes touchent la compréhension de la parole (voix aiguës, débit rapide), bien avant une baisse d’audition évidente. Résultat : ce phénomène très fréquent après 50 ans, est largement sous-estimé. » La presbyacousie apparaît dès la cinquantaine, parfois plus tôt. « L’âge joue, mais aussi la génétique et surtout l’exposition cumulée au bruit au fil des années. Elle se manifeste par une gêne dans des environnements bruyants ou une fatigue auditive. »
La presbyacousie entraîne une gêne dans le bruit : réunions, repas au restaurant, conversations à plusieurs. Ainsi 41% des sondés, tous âges confondus, ont affirmé avoir dû tendre l’oreille au cours de discussion dans une salle remplie de monde comme un restaurant. « Avec la presbyacousie, les fréquences aiguës — essentielles pour distinguer les consonnes et comprendre la parole — sont les premières touchées. En environnement bruyant, la voix se confond davantage avec le fond sonore. Le cerveau doit fournir un effort supplémentaire pour la compréhension, surtout en groupe. Et plus l’effort d’écoute augmente, plus la fatigue s’installe et devient épuisante mentalement. »
Résultat, cela pèse sur le confort de vie des personnes. « L’effort d’écoute répété réduit le confort, la concentration et le plaisir des échanges, et peut conduire à éviter certaines situations sociales. Ce retrait peut alimenter solitude, stress ou baisse de moral. Plus on agit tôt via le dépistage, l’accompagnement et la mise en place de solutions adaptées, plus on préserve le lien social. »
Il existe désormais des solutions intermédiaires, adaptées aux pertes auditives légères à modérées. Les assistants d’écoute, à l’image de Nuance Audio. Il s’agit d’une paire de lunettes intelligentes qui intègre un assistant d’écoute invisible. Concrètement elle dispose de micros directionnels dans la monture, captant les sons vers lesquels l’utilisateur dirige son attention. Cela permet de mieux se concentrer sur la voix de l’interlocuteur, de réduire les bruits environnants et de limiter la fatigue auditive. Des dispositifs médicaux simples d’accès, réglables via application, avec un accompagnement clé assuré par l’opticien.
Opticien à Chambéry, Didier Rosset exerce depuis plus de 50 ans aux côtés de son épouse et de son équipe. Selon lui, « ce type de dispositif s’adresse aux adultes souffrant d’une perte d’audition légère à modérée. Mais aussi aux personnes qui souffrent de fatigue auditive. Ou encore à celles qui ressentent une gêne ponctuelle : réunions professionnelles, télévision, repas de famille, environnements bruyants. Cette solution est souvent proposée en 2eme paire avec des verres progressifs. » Pour l’opticien, l’accompagnement est essentiel. « Ce sont des lunettes. Il faut adapter la monture, ajuster les branches, choisir les verres correcteurs quand c’est nécessaire. La plupart des personnes concernées sont aussi presbytes. On travaille donc sur un ensemble cohérent : correction visuelle et assistance auditive. »
Chaque équipement fait l’objet d’un rendez-vous dédié, avec évaluation des besoins visuels et démonstration du dispositif. On ne vend pas ce type de solution comme un produit standard. Le client doit tester, comprendre, poser ses questions. Ces lunettes offrent un véritable bénéfice, en améliorant à la fois la vision et l’audition, et nos clients en constatent clairement les effets positifs. » Didier Rosset insiste sur l’importance d’agir tôt. « Plus on s’occupe d’une gêne auditive précocement, plus on limite son impact au quotidien et plus on améliore la qualité de vie. »

Source : Etude réalisée via l’omnibus Ipsos.Digital auprès d'un échantillon de 1000 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans à 75 ans constitué selon la méthode des quotas, au regard des critères de sexe, d'âge, de catégorie socioprofessionnelle et de région de résidence. – Interview de Didier Rosset, février 2026

Ecrit par : Emmanuel Ducreuzet – Edité par : Vincent Roche