Journée mondiale du sommeil : 35 % des Français concernés par l’hypersomnolence

10 mars 2026

L’enquête 2026 sur le sommeil des Français, menée à l’occasion de la 26ᵉ Journée du sommeil le vendredi 13 mars prochain, dresse un constat préoccupant à propos de la qualité de nos nuits. Et notamment sur la forte proportion de personnes hypersomnolentes qui se maintient à 35 % des adultes.

D’après une nouvelle enquête 2026 réalisée par l’institut OpinionWay pour l’Institut National du Sommeil et de la Vigilance (INSV), près d’un Français sur quatre se dit insatisfait de la qualité de ses nuits. Le bruit, la pollution lumineuse et la chaleur lors des épisodes de canicule comptent parmi les principales sources de perturbation du sommeil.

Mais la quantité de sommeil pose également problème, avec des nuits plus courtes et non compensées : en moyenne, les Français dorment 6 h 50 par nuit en semaine et 7 h 48 le week-end, des durées inférieures aux recommandations internationales. Un Français sur quatre déclare même dormir moins de six heures par nuit. La dette de sommeil accumulée durant la semaine n’est donc que partiellement compensée pendant les jours de repos.

L’hypersomnolence toujours à un niveau élevé

Au total, 35 % de la population se déclare concernée par le phénomène d’hypersomnolence.

La somnolence correspond à une diminution de la capacité à rester éveillé. Elle se manifeste par une envie de dormir, une sensation de fatigue persistante au cours de la journée ou encore des difficultés à se réveiller le matin ou après une sieste (inertie du sommeil). On parle d’hypersomnolence lorsque cette somnolence devient excessive, chronique et difficile à contrôler, conduisant à des endormissements involontaires ou à un besoin de sommeil anormalement élevé malgré une durée de sommeil apparemment suffisante.

L’hypersomnolence est plus fréquente chez les personnes qui gardent leur téléphone allumé à proximité pendant la nuit : 41 % d’entre elles sont concernées, contre 27 % parmi celles qui éloignent leur mobile. 23 % affirment d’ailleurs être réveillés par des notifications provenant de leur smartphone. De plus, un tiers des Français (36 %) déclarent être perturbés par le bruit de l’environnement durant la nuit.

Certaines catégories sont particulièrement sujettes à l’hypersomnolence : les femmes (41 %), les moins de 35 ans (46 %) ainsi que, sans surprise, les travailleurs de nuit, chez qui la proportion atteint 61 %.

« Ces chiffres [sur l’hypersomnolence, ndlr] interrogent », commente le Dr Isabelle Poirot, présidente de l’INSV, psychiatre spécialisée dans les troubles du sommeil au CHRU de Lille. S’agit-il d’individus qui souffrent d’une pathologie spécifique du sommeil, d’un manque de sommeil ou encore d’une dette chronique de sommeil liée au mode de vie ? Les résultats de l’enquête semblent pencher pour la seconde hypothèse, avec un temps de sommeil nettement plus court et davantage ponctué de réveils nocturnes. « On retrouve davantage de petits dormeurs (moins de 6h/nuit) parmi les 35 % de Français déclarant souffrir d’hypersomnolence ».

Parmi les causes de l’hypersomnolence, une durée insuffisante et des troubles du sommeil

« Les Français ont intégré l’idée qu’un rythme régulier favorise le sommeil, mais cette stabilité se fait parfois au détriment d’une récupération suffisante », observe le Dr Isabelle Poirot. Près de la moitié des personnes interrogées se disent ainsi fatiguées au réveil, et même 62 % des moins de 35 ans et 61 % des personnes qui se disent « du soir ». Pour y remédier, un tiers a recours à la sieste (d’une heure environ), sans que celle-ci ne compense réellement le manque de sommeil nocturne.

L’hypersomnolence peut aussi trouver son origine dans les troubles du sommeil, lesquels concernent 38 % des Français dans cette enquête déclarative. Parmi eux, l’insomnie arrive en tête et touche 21 % de la population (27 % chez les femmes). Elle est suivie par les troubles du rythme veille-sommeil (9 %), le syndrome des apnées du sommeil (8 % dans l’ensemble de la population, mais jusqu’à 15 % chez les 50-65 ans) et le syndrome des jambes sans repos, estimé à 8 %.

Les personnes atteintes de maladies chroniques (41 % des Français) présentent un risque accru de souffrir de troubles du sommeil. Ceux-ci sont particulièrement fréquents chez les personnes souffrant d’affections dermatologiques (74 %), de troubles psychiques (64 %), de maladies rhumatismales (60 %) ou encore de maladies cardiaques (58 %).

  • Source : Enquête OpinionWay menée du 4 au 16 décembre 2025 selon la méthode des quotas auprès de 1006 Français âgés de 18 à 65 ans représentatifs de la population française ; Communiqué INSV 2026 journée du sommeil (10 mars 2026).

  • Ecrit par : Hélène Joubert - Edité par Emmanuel Ducreuzet

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