Doit-on donner de l’argent de poche à ses enfants ? Et si « oui », quand et combien ? S’il n’existe bien entendu pas de règles en la matière, certains conseils peuvent aider à faire entrer ce « rituel » dans un réel projet pédagogique. Le psychologue Jean-Luc Aubert – auteur de Mon ado et moi, le comprendre pour mieux s’entendre – nous délivre quelques clés.

« On ne peut pas imposer de donner de l’argent de poche », prend le temps de préciser le psychologue. « Tout dépend du rapport à l’argent de chaque famille, des revenus de chacun… ». Pourtant, les Français semblent bien habitués à cette pratique. Une étude réalisée en 2012 par l’institut CSA montrait que plus de 80% des parents versaient une obole mensuelle ou hebdomadaire à leurs enfants.

Pourquoi donner de l’argent de poche ?

« Cela participe à l’éducation », avance Jean-Luc Aubert. « Pour celui qui le reçoit, cela permet de développer la capacité à anticiper les choses. L’enfant ou l’ado va se demander s’il doit se faire plaisir maintenant ou économiser pour plus tard. En fait, c’est une façon de matérialiser la monnaie. Etre en mesure de payer soi-même est beaucoup plus concret que lorsque Papa ou Maman passe à la caisse… ».

A quel âge donner ?

« Là encore, il n’y a pas de règles. Je préconise néanmoins de ne pas mettre en place ce rituel avant 7 ans. A partir de cet âge, l’enfant est davantage en mesure de comprendre et de compter. » Même si notre psychologue précise que « cela ne doit pas empêcher les parents de donner ici et là quelques euros à leurs petits. »

Il semble essentiel de mettre en place des conditions dès le départ. « L’établissement d’un rituel apparaît comme un repère matériel », continue Jean-Luc Aubert. « S’il a tout dépensé et qu’il demande une rallonge, ne pas lui donner fera office de frustration éducative. Bien entendu, vous pouvez parfois déroger à la règle et lui donner une petite avance. Ce qui importe, c’est que l’expérience demeure positive. »

L’une des grandes questions est aussi de savoir si les parents doivent surveiller ce que leur enfant fait de son argent. « Sans en arriver là, il est, encore une fois, nécessaire d’établir des règles. Si votre petit dépense tout en bonbons ou votre ado en cigarettes, vous avez évidemment votre mot à dire ! »

Quant au montant, difficile de se faire une idée. « Tout dépend des revenus de chacun. Ni trop, ni trop peu. L’important est que l’enfant prenne conscience de la somme. Et puis la maturité entre en jeu. L’argent de poche, c’est davantage responsabiliser les jeunes, leur donner une liberté d’action… plus que d’essayer de leur apprendre à gérer un budget ! ».

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