Une équipe française de l’INSERM vient d’identifier de nouveaux gènes impliqués dans la survenue du cancer du foie. Leur travail pourrait permettre au cours des prochaines années la mise au point de traitements personnalisés.

Les carcinomes hépatocellulaires représentent la deuxième cause de mortalité par cancer dans le monde. Ils sont associés à diverses maladies préexistantes telles que les infections par les virus des hépatites B et C, les surcharges en fer ou les hépatites chroniques liées à l’obésité.

Par des techniques de séquençage à haut débit, Jessica Zucman-Rossi (INSERM – Unité 1162 – Génétique fonctionnelle des tumeurs solides, Paris) a étudié plus particulièrement les cancers liés à l’obésité et à la consommation excessive d’alcool. Objectif, identifier les mutations génétiques impliquées dans la genèse de la tumeur cancéreuse, la progression et la résistance de la maladie.

Vers un dépistage plus précoce

 Elle a ainsi montré l’existence d’un lien entre l’exposition à des facteurs de risque (alcool, tabac, toxiques alimentaires) et des mutations de l’ADN observées dans les carcinomes hépatocellulaires. Elle a également observé que chaque tumeur est le résultat d’une combinaison unique d’altérations touchant en moyenne une quarantaine de gènes. Cette complexité explique en partie les phénomènes de résistance aux traitements actuels.

La mise à jour de ce catalogue génétique permet d’identifier dans près d’un cas sur trois une altération qui pourrait être ciblée par un médicament anti-tumoral. Ce dernier devra cependant faire l’objet d’essais cliniques. Enfin ce travail a permis d’identifier les premières mutations à l’origine de la transformation maligne des cellules du foie. Cette découverte devrait pouvoir améliorer le diagnostic précoce et détecter les malades les plus à risque de développer un cancer du foie.

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