











C’est le Dr Michelle A. Albert – Bent Brigham and Women’s Hospital de Boston aux Etats-Unis – qui a rendu publics hier devant les participants au congrès de l’American Heart Association à Chicago, ces résultats spectaculaires. Ils ressortent de l’analyse d’une cohorte de 17 415 femmes en bonne santé, participantes à la Women’s Health Study qui depuis plusieurs années, s’intéresse à la santé des femmes américaines.
La pénibilité du travail n’est pas que physique…
Pour l’essentiel, ces femmes étaient des professionnelles de santé d’origine caucasienne – c’est-à-dire de race blanche – âgées en moyenne de 57 ans. Interrogées sur leurs modes de vie et leur niveau de satisfaction comme de sécurité professionnelles, elles ont également fait l’objet d’une recherche systématique de facteurs de risque cardio-vasculaire. Les résultats sont parlants ! Ils montrent bien que le stress au travail peut tuer en faisant craquer ses victimes comme la récente actualité l’a montré en France, mais aussi en mettant notre cœur sous pression.
Suivies pendant plus de 10 ans, ces femmes ont du répondre à des questions fermées parfaitement classiques, destinées à évaluer leur niveau de satisfaction professionnelle mais aussi, leur éventuelle précarisation. « Mon job exige de moi beaucoup de rapidité » ou « Je dois travailler très dur par exemple. Ou encore « je suis épargnée par la pression compétitive que l’on pourrait faire peser sur moi »… La définition d’un travail « pressurant » retenue par le Dr Albert et ses collègues, elle est également très conventionnelle. Travailler sous pression, c’est « avoir un job exigeant, mais très peu d’autonomie décisionnelle et peu d’opportunités d’épanouir sa créativité ou ses compétences personnelles ».
Eh bien, la pression professionnelle est toxique pour les femmes. Elle entraînerait une augmentation de 88% ( !) du risque d’infarctus du myocarde, et un accroissement de 43% du recours à la chirurgie coronarienne. Pour Natalie Slopen, post-doctorante au Centre hospitalier de l’Université Harvard – également à Boston – deux groupes de femmes apparaissent particulièrement exposés. « D’une part les femmes dont l’emploi est très exigeant et leur laisse peu d’autonomie, mais également celles qui ont à la fois un job très exigeant et une haute conception de leurs responsabilités » Ce qui revient en fait, à avoir là aussi le sentiment que l’on n’a pas (assez) prise sur l’événement.
Directement liée à la précarité de l’emploi, l’insécurité au travail « peut être associée à des facteurs de risque vasculaire » explique Michelle Albert. Hypertension artérielle (le principal facteur de risque d’AVC, n.d.l.r.), excès de cholestérol et surpoids sont plus fréquents chez ces femmes. En revanche, leur association directe avec des infarctus du myocarde, des AVC, le recours à la chirurgie et la mort subite n’a pas pu être établie. Quoi qu’il en soit conclut le Dr Albert, « il est indéniable que notre emploi influe sur notre état de santé. Positivement ou négativement, à court et long terme. Et nous tenons accorder une attention particulière à la question du stress au travail. Elle fait partie intégrante de notre approche santé ».
Source : de notre envoyé spécial aux Sessions scientifiques 2010 de l’American Heart Association (AHA) Chicago, 14-17 novembre 2010
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