En France, 217 000 interruptions volontaires de grossesse (IVG) ont été réalisées en 2013. Légalisé en France depuis 1975, l’avortement est aujourd’hui un droit essentiel pour les femmes. Pour améliorer l’accès à IVG, le ministère de la Santé vient de publier son Programme national d’action. Lequel sera appliqué au courant de l’année 2015.

Ce vendredi 16 janvier, le ministère de la Santé a donc prolongé ces efforts menés pour donner encore davantage aux femmes le droit de disposer de leur corps. Afin de « faciliter l’entrée dans le parcours médical et garantir le libre le choix de la méthode », le Programme national d’action s’organise autour de trois axes :

  • Mieux informer les femmes sur leurs droits. Pour ce faire, un numéro national d’appel orientant sur la santé sexuelle, la contraception et l’IVG sera mis en place en septembre 2015. « Il sera anonyme, non surtaxé et ouvert tous les jours ». A la même période, une campagne nationale de sensibilisation sera diffusée. Par ailleurs, le site d’information www.ivg.gouv.fr sera enrichi de nouvelles rubriques sur la sexualité et la contraception. 
  • Simplifier et améliorer le parcours des femmes. « Le forfait de remboursement de l’IVG en ville ne recouvre pas les mêmes actes que dans les établissements de santé. Les femmes ne bénéficient donc pas de la même prise en charge sur le territoire ». Dès l’automne 2015, le tarif des actes médicaux pratiqués dans le cadre de l’IVG seront alignés. Ce sera le cas des examens de biologie médicale, de la consultation de recueil de consentement ainsi que de l’échographie de contrôle ; 
  • Garantir une offre diversifiée sur tout le territoire. Un plan d’accès aux avortements réalisés en urgence devrait par ailleurs voir le jour en juillet 2015. Aujourd’hui, lorsque le délai légal des 10 à 12 semaines de grossesse approche, les femmes souhaitant avorter peinent davantage à obtenir un rendez-vous. Ces interventions d’urgence ne sont en effet pas pratiquées dans tous les établissements de santé. Pour renforcer ce dispositif, le gouvernement prévoit une plus grande implication des Agences régionales de santé (ARS). Les sages-femmes seront par ailleurs autorisées à pratiquer l’IVG médicamenteuse. Les centres de santé seront également autorisés à pratiquer les IVG instrumentales et non plus seulement les IVG médicamenteuses comme c’est le cas actuellement. 

Cette politique d’un meilleur accès à l’IVG vient répondre à la forte incidence de cet acte dans l’Hexagone. Ainsi « en France, 4,1% des femmes ont eu recours au moins 3 fois à l’avortement dans leur vie », a révélé l’Institut national d’études démographiques (Ined) dans un récent rapport sur lequel nous reviendrons lundi 19 janvier.

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