Le pouls des jeunes Britanniques s’accélère

[19 novembre 2013 - 14h25] [mis à jour le 19 décembre 2013 à 14h59]

Plus sédentaires, les jeunes Britanniques voient leur pouls augmenter… ©Phovoir

Au Royaume-Uni, des médecins ont observé que le rythme cardiaque au repos des pré-adolescents avait augmenté de un à deux battements par minute au cours des 30 dernières années. En dépit des apparences, cette élévation ne serait pas si anodine…

Le Dr Leah Li et son équipe de l’Institute of Child Health de Londres ont compilé les données médicales de plus de 23 000 jeunes âgés de 9 à 11 ans, suivis entre 1980 et 2008. Ils se sont particulièrement intéressés à la mesure de leur fréquence cardiaque (FC) au repos.

Ils ont dressé deux constats principaux. Le premier : la FC est en moyenne plus élevée chez les garçons (82,2 battements par minute) que chez les filles (78,7 bpm). Le second : au cours de la période étudiée, elle a augmenté de 2 bpm chez les jeunes hommes. Et d’un bpm chez les demoiselles.

Un indicateur à surveiller…

Comment expliquer cette tendance ? Les auteurs suggèrent que les jeunes Britanniques sont plus sédentaires et pratiquent moins d’activités physiques par rapport au début années 80. Mais surtout, ils précisent que cette augmentation, bien que modeste, pourrait entraîner d’importantes répercussions au niveau de la santé publique. Et plus précisément en matière de risque cardiovasculaire futur. « C’est pourquoi, il est très important de surveiller ce paramètre au cours des années qui viennent afin de savoir si cette tendance se confirme », estiment-ils.

Comme l’explique le chercheur français Xavier Jouven (INSERM – Hôpital Georges Pompidou), « le rôle de la fréquence cardiaque de repos, en temps qu’indicateur de santé a été jusqu’à présent mésestimé. Alors que le médecin généraliste vérifie presque systématiquement la pression artérielle et propose des solutions pour remédier aux éventuelles anomalies notées, le pouls n’est, semble-t-il, pas un paramètre autant surveillé ». Pourtant, comme l’ont montré différentes études, il s’agit d’un véritable « marqueur de l’état général, au même titre que la pression artérielle. Et une « élévation progressive au cours des ans, doit servir d’alerte pour le médecin ».

Ecrit par : David Picot – Edité par : Emmanuel Ducreuzet

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