Le régime paléo : retour aux sources alimentaires ou fausse bonne idée ?

10 avril 2026

Manger comme nos ancêtres chasseurs-cueilleurs pour mieux vivre aujourd’hui : c’est le pari du régime paléolithique, aussi appelé régime paléo. Ce dernier promet de retrouver la santé en revenant à une alimentation plus naturelle. Mais que faut-il vraiment en penser ?

Les adeptes du régime paléo affirment que notre génétique et notre anatomie n’ont que très peu évolué depuis l’âge de pierre. En outre, nous devrions consommer les aliments disponibles à cette époque pour préserver notre santé.

À cette époque, pas d’agriculture, pas d’aliments transformés. Mais des viandes maigres, poissons, fruits, légumes, noix et graines. Cette façon de s’alimenter fait donc la chasse à tout ce qui est apparu plus tard : produits laitiers, céréales, légumineuses, sucres ajoutés, café…

Les promesses du Paléo

Comme le souligne la Harvard T.H. Chan School of Public Health aux Etats-Unis, des résultats intéressants à court terme peuvent être mis au crédit du régime paléo : perte de poids, meilleure sensibilité à l’insuline, baisse de la tension artérielle et du tour de taille. Une étude suédoise sur des femmes ménopausées a même montré une réduction plus importante de la masse grasse après six mois de régime paléo par rapport à un régime standard. Cependant, après deux ans, les différences s’étaient estompées. Ce qui souligne les limites d’un tel régime.

Les limites et les dangers possibles

Le paléo n’est pas sans inconvénient. Des chercheurs de la Harvard T.H. Chan les ont d’ailleurs compilés :

  • des carences possibles : en supprimant les produits laitiers, les céréales et les légumineuses, le risque de manquer de calcium, de vitamine D, et de fibres augmente. Certaines études ont d’ailleurs observé une forte baisse des apports en calcium après seulement trois semaines de régime paléo. Car même si l’on sait que certains aliments riches en calcium, autres que les produits laitiers, sont bien absorbés par l’organisme, comme le chou vert, les feuilles de navet ou les sardines et saumons en conserve avec arêtes, il faudrait en consommer cinq fois plus par jour pour couvrir les besoins en calcium recommandés.
  • trop de viande rouge : une consommation élevée de viande rouge peut accroître les risques de maladies cardiovasculaires, de diabète et de certains cancers.

Le régime paléo a donc le mérite de mettre l’accent sur les aliments bruts et non transformés, riches en nutriments, et de réduire le sucre, le sel et les graisses industrielles. Mais sa rigidité et les exclusions importantes qu’il impose le rendent difficile à suivre sur le long terme. Pour la Harvard T.H. Chan School of Public Health, aucune preuve solide à long terme ne montre que ce régime est supérieur aux autres approches équilibrées permettant de perdre du poids ou de protéger la santé.

En revanche, il soulève de nombreuses questions : le paléo est-il sans danger et bénéfique pour tous (personnes atteintes de maladies chroniques, personnes âgées…) ? L’omission de groupes alimentaires entiers entraîne-t-elle des effets secondaires négatifs à long terme, surtout si le régime alimentaire n’est pas soigneusement élaboré pour inclure les nutriments des aliments exclus ?

  • Source : https://nutritionsource.hsph.harvard.edu/healthy-weight/diet-reviews/paleo-diet/

  • Ecrit par : Vincent Roche – Edité par : Emmanuel Ducreuzet

Destination Santé
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