Le VIH/SIDA en questions

[24 juillet 2008 - 14h00]

Avec chaque jour dans le monde, 6 800 nouvelles infections au VIH et plus de 5 700 décès, la pandémie continue ses ravages. En France en 2006, les autorités ont relevé 6 300 nouveaux cas. Avec le Pr Willy Rozenbaum, Président du Conseil national du SIDA et médecin à l’hôpital Saint-Louis, nous vous proposons un petit tour d’horizon des termes scientifiques liés au VIH/SIDA.

  • Qu’est-ce que le VIH/SIDA ? VIH, c’est l’abréviation de virus de l’immunodéficience humaine. Il est responsable du syndrome d’immunodéficence acquise, ou SIDA. Le VIH peut s’attaquer au système immunitaire, qui protège l’organisme contre les infections. Le patient passe du stade de la séropositivité – après infection par le VIH – à celui du SIDA clinique lorsque le système immunitaire est sévèrement affaibli ;
  • Pourquoi mesure-t-on la charge virale d’un patient séropositif ? « C’est la concentration de virus par volume de sang, qui se mesure en copies par millilitre. Il s’agit en réalité de l’équilibre entre la capacité du virus à se multiplier ( à se « copier », n.d.l.r.) et la pression exercée à la fois par les défenses de l’organisme et les traitements. L’objectif, c’est d’obtenir une charge virale indétectable. Aujourd’hui la limite de détection est autour de 20 à 40 copies par millilitre » ;
  • Pourquoi tendre à demeurer toujours en-dessous du seuil de détection ? « Nous avons démontré que le fait d’avoir un virus sous le seuil de détection est la meilleure garantie d’une efficacité au long cours du traitement. Cela veut dire que la puissance des traitements est suffisante pour réduire de manière extrêmement importante la capacité du virus à se multiplier » ;
  • Quelle est l’importance réelle des lymphocytes CD4 ? « Ces cellules sont essentielles au bon fonctionnement du système immunitaire. Or l’infection par le VIH handicape et tue ces cellules, qui sont les cibles du virus. Plus leur nombre est bas, plus les risques sont importants. Les traitements visent justement à augmenter ces lymphocytes CD4. Leur mesure permet donc d’évaluer l’efficacité des antirétroviraux » ;
  • Pourquoi entend-on tout le temps parler de résistances ? « Le premier traitement que l’on donne s’appelle un traitement de première ligne. Dès lors qu’il permet d’abaisser la concentration du virus au-dessous du seuil de détection, il est jugé efficace. Pourtant si on lève le pied, ou lorsque le traitement est interrompu ou mal pris par le malade, le virus recommence à se multiplier et à faire des dégâts. C’est alors que des résistances apparaissent. Nous sommes donc obligés de donner un traitement de deuxième ligne. Puis un traitement de troisième ligne… L’observance du traitement est donc essentielle, faute de quoi les résistances vont se développer et les recours thérapeutiques s’épuiser » ;
  • Et un patient naïf, qu’est-ce que c’est ? « Il s’agit d’une personne qui n’a encore reçu aucun traitement contre le VIH » ;
  • Qu’est-ce que valent tous les médicaments contre le SIDA? Pourquoi y en a-t-il autant ? Le tout premier traitement contre le VIH a été l’AZT, le premier des inhibiteurs de la transcriptase inverse. Les antiprotéases ou inhibiteurs de la protéase, ont représenté un progrès important et la possibilité de mettre en place les premiers traitements à haute efficacité. Enfin plus récemment, le premier inhibiteur de l’intégrase a été développé, empêchant l’intégration de l’ADN du virus dans l’ADN de l’homme. Transcriptase inverse, protéase et intégrase, les trois enzymes indispensables au VIH pour se reproduire dans l’organisme sont désormais ciblées chacune par un ou des médicaments spécifiques. Nous reviendrons très prochainement sur ce sujet ;
  • Qu’est-ce qu’une trithérapie ? C’est l’association d’au moins 3 antirétroviraux. Apparu en 1996, ce type de protocole a littéralement bouleversé le pronostic vital de l’infection à VIH.

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