© Prostock-studio/Shutterstock.com
La leishmaniose est une maladie chronique provoquée par un parasite microscopique du genre Leishmania. Elle est transmise par la piqûre d’un petit insecte, le phlébotome, qui agit comme vecteur de l’infection. Le chien constitue le principal réservoir du parasite.
La leishmaniose est souvent difficile à reconnaître, car ses symptômes sont variés, parfois discrets. Et la période d’incubation peut-être relativement longue (allant de plusieurs mois à plusieurs années), car le parasite va s’attaquer au système immunitaire qui va tenter de résister ; d’où la diversité des signes cliniques. Chez le chien, on peut observer un abattement, un amaigrissement, une atteinte rénale, une augmentation de la taille des ganglions, une perte de poils avec des pellicules, des atteintes de la truffe, un allongement anormal des griffes, des problèmes de peau ou encore des boiteries. Attention : une fois déclarée, la leishmaniose est une maladie incurable qui nécessite un traitement à vie. D’où l’importance de la prévention et d’une prise en charge précoce par le vétérinaire. Chaque année, 40 000 chiens sont touchés par la leishmaniose.
Il s’agit également d’une zoonose. Cela signifie que l’être humain peut être contaminé, non pas directement par le chien, mais par la piqûre du même insecte vecteur porteur du parasite. On estime à 200 le nombre de cas humains par an en France.
La leishmaniose est transmise au chien par un insecte piqueur appelé « phlébotome ». Souvent confondus avec les moustiques, les phlébotomes sont en réalité plus velus et deux fois plus petits. Ils ont un comportement bien différent de celui des moustiques. Les mesures de protection doivent être prises lors de la saison d’activité de cet insecte. Le risque est présent les nuits sans vent ni pluie, lorsque la température est comprise entre 17°C et 40°C. Alors qu’auparavant, le phlébotome sévissait principalement sur le pourtour méditerranéen, le réchauffement climatique a étendu sa présence géographique dans tout le Sud de la France, de Bordeaux jusqu’à Lyon.
Pour prévenir la leishmaniose, la protection repose sur deux piliers complémentaires : éviter les piqûres de phlébotomes et vacciner le chien. La première mesure consiste à utiliser des antiparasitaires répulsifs capables d’éloigner les insectes vecteurs. Plusieurs produits sont recommandés par les vétérinaires. Appliqués régulièrement, ils permettent de réduire fortement le risque de piqûre et donc de transmission du parasite.
La seconde mesure à mettre en place est la vaccination. Cette dernière reste nettement sous utilisée, avec moins de 20 % des chiens exposés vaccinés. Le vaccin Letifend répond à cette problématique. Après l’injection, il faut compter environ 28 jours pour que la protection vaccinale soit efficace, d’où l’importance d’anticiper, notamment avant les périodes à risque ou les départs en vacances dans des zones exposées. « Exerçant en sud Ardèche, zone d’endémie pour la leishmaniose canine, nous sommes régulièrement confrontés à cette affection vectorielle chronique, explique, le Dr Thibault Bertrand, vétérinaire à la Clinique Vétérinaire OleaVet. La maladie est potentiellement mortelle. Sa prise en charge reste complexe et généralement coûteuse pour les propriétaires. Dans ce contexte, la prévention constitue un enjeu majeur. La vaccination contre la leishmaniose s’intègre dans une stratégie globale associant systématiquement des mesures de protection contre les phlébotomes. »
Selon notre spécialiste, « les répulsifs (colliers, spot-on) réduisent le risque de transmission (50 à 80 %), tandis que la vaccination diminue d’environ 70 % le risque de forme clinique. Elle ne prévient pas l’infection, mais en limite l’expression. Aucune mesure seule n’est suffisante : leur association réduit fortement le risque global ».
Pour plus d’informations : https://fr.mypet.com/
Même en vivant hors des régions à risque, un chien peut être exposé à la leishmaniose lors de vacances dans le Sud ou sur le pourtour méditerranéen. Une seule piqûre de phlébotome peut suffire à transmettre la maladie. Avant un séjour en zone exposée, il est donc recommandé d’anticiper la protection de son animal (antiparasitaires, vaccination) avec l’aide de son vétérinaire.

Source : Gradoni L. Epidemiological surveillance of leishmaniasis in the European Union : operational and research challenges Eurosurveillance, specialed. leishmaniasis (2013), pp. 3-5 - Bulletin de l'Académie Nationale de Médecine, Volume 199, Issue 6, 2015, Pages 909-920, ISSN 0001-4079

Ecrit par : Emmanuel Ducreuzet – Edité par : Vincent Roche