Ebola : que se passe-t-il en République démocratique du Congo et en Ouganda ?

18 mai 2026

L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a déclenché dimanche 17 mai l’alerte USPPI, urgence de santé publique de portée internationale alors que la maladie à virus Ebola se propage en République démocratique du Congo et en Ouganda et qu’aucun vaccin ni traitement n’est disponible contre le variant responsable. Que sait-on de la situation ?

Quelle est la situation en République démocratique du Congo et en Ouganda ?

Au 17 mai 2026, 336 cas suspects et 88 décès suspects ont été signalés dans la province d’Ituri, en République démocratique du Congo, dans trois zones différentes. Huit cas ont été confirmés en laboratoire. En Ouganda, deux cas ont été confirmés en laboratoire (dont un décès) sans lien apparent entre ceux déclarés à 24 heures d’intervalle, les 15 et 16 mai 2026, chez deux personnes revenant de la République démocratique du Congo. La majorité des cas concerne des patients de 20 à 39 ans, deux tiers d’entre eux sont des femmes.

Selon l’OMS, des foyers inhabituels de décès, avec des symptômes compatibles avec la maladie à virus Bundibugyo ont été signalés dans plusieurs zones d’Ituri et au Nord-Kivu. Ces éléments « laissent présager une épidémie potentiellement beaucoup plus importante que celle actuellement détectée et signalée, avec un risque de propagation local et régional significatif », ajoute l’OMS.

Pourquoi la situation est classée USPPI ?

L’OMS a annoncé dimanche 17 mai que « la maladie à virus Ebola causée par le virus Bundibugyo en République démocratique du Congo et en Ouganda constitue une urgence de santé publique de portée internationale (USPPI) ». Ce niveau d’alerte figure dans le Règlement sanitaire international depuis 2005. Il est défini comme un événement extraordinaire qui constitue un risque pour la santé publique dans d’autres États en raison de la propagation internationale possible et qu’il peut requérir une action internationale coordonnée. Toutefois, selon l’OMS, la situation ne nécessite pas l’alerte maximale : l’urgence due à une pandémie.

Qu’est-ce que la maladie à virus Ebola causée par le virus Bundibugyo ?

La maladie à virus Ebola peut être causée par plusieurs espèces de virus du genre Ebolavirus. Le virus Bundibugyo est l’une des six espèces connues.

Après une période d’incubation de 2 à 21 jours, les premiers symptômes sont : fièvre, fatigue, malaise, douleurs musculaires, maux de tête et maux de gorge. Arrivent ensuite des vomissements, diarrhées, douleurs abdominales, éruptions cutanées, et des signes de dysfonctionnement des reins et du foie.

Les hémorragies internes et externes ne sont pas systématiques et surviennent plus tard au cours de la maladie. Il s’agit alors de sang dans les vomissements et les selles, ainsi que des saignements du nez, des gencives et du vagin.

Historiquement, le virus Bundibugyo présente un taux de mortalité compris entre 25 et 50 %.

Comment se transmet le virus ?

La transmission du virus à l’homme se fait par contact direct via une plaie ou les muqueuses avec le sang ou les fluides corporels d’une personne malade ou décédée de la maladie à virus Ebola et avec des objets ou des surfaces contaminés par des fluides corporels (sang, matières fécales, vomissements) d’une personne malade.

La transmission est impossible avant l’apparition des symptômes, et la personne reste contagieuse tant que son sang contient le virus.

Existe-t-il un vaccin contre le virus Bundibugyo ?

La souche Zaïre du virus, à l’origine des plus graves épidémies recensés, est plus mortelle que la souche Bundibugyo. Mais contrairement à cette première souche, il n’existe actuellement aucun traitement ni vaccin contre la seconde. « De ce fait, cet événement est considéré comme extraordinaire », note l’OMS.

Cependant, selon Eric d’Ortenzio, médecin épidémiologiste à l’agence de l’Inserm ANRS-Maladies infectieuses émergentes, interrogé lundi 18 mai par nos confrères de Franceinfo, « il y a des candidats vaccins [en phase de test] qui sont à un stade précoce, qui vont peut-être pouvoir être évalués pendant cette épidémie ».

Doit-on craindre une propagation de la maladie, notamment à Mayotte ?

Sur Franceinfo, Éric d’Ortenzio pointe un risque de diffusion du virus, notamment à Mayotte, « très faible », bien que « la situation soit très sérieuse pour la région ». « Lors de l’épidémie de 2014-2016 en Afrique de l’Ouest, il y avait eu plus de 28 000 cas et seule une dizaine de cas exportés en dehors de l’Afrique : quatre aux États-Unis, deux en Espagne, deux au Royaume-Uni et deux en France », précise-t-il. « La prise en charge et l’isolement des malades se font assez rapidement », argumente-t-il.

  • Source : OMS, Franceinfo, CDC

  • Ecrit par : Dorothée Duchemin – Edité par Emanuel Ducreuzet

Destination Santé
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