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Jeudi 15 janvier, l’Agence régionale de santé de Bourgogne-Franche-Comté alertait sur trois cas confirmés de leptospirose humaine. Trois personnes âgées de 25 à 35 ans ont dû être hospitalisées en réanimation après l’achat de rats dans une même animalerie. Début janvier, c’est un chien qui est mort de la leptospirose en Bretagne.
Qu’est-ce que cette maladie, à déclaration obligatoire en France, au cœur de plusieurs faits divers ces derniers jours ? À tel point que jeudi 21 janvier, le numéro national 3115 pour les urgences vétérinaires a jugé utile d’alerter sur cette zoonose mal connue du grand public ; zoonose signifiant que la maladie peut être transmise de l’animal à l’homme.
La maladie est relativement rare en France hexagonale, mais une hausse du nombre de cas de leptospirose est observée depuis 2014, de 300 à 600 cas par an en moyenne désormais, avance Santé publique France. Si l’incidence de la leptospirose est d’environ 1 cas pour 100 000 habitants par an en France hexagonale, les taux d’incidence sont 12 à 70 fois plus élevés dans les outre-mer, en faisant un problème de santé publique. Dans le monde, le nombre de cas annuel est estimé à plus d’un million, avec plus 10 % de décès environ.
La maladie est causée par une famille de bactéries, les leptospires. Transmises par les urines, elles survivent facilement en extérieur, notamment dans l’eau douce et les eaux boueuses, explique l’Institut Pasteur. Les animaux qui transmettent la maladie sont les rongeurs, les insectivores, les animaux d’élevage, les bovins, les chevaux ou les porcs, et les animaux de compagnie comme les chiens.
La bactérie pénètre par les blessures ou les muqueuses après un contact avec les urines des animaux qui peuvent être contaminés, les réservoirs animaux, ou en contact avec des objets souillés par leur urine.
L’incubation de la leptospirose dure 5 à 14 jours. La maladie se manifeste par une fière élevée, des frissons, des maux de tête, les yeux très rouges, des douleurs musculaires et articulaires et parfois, une toux. « Aucun signe n’est vraiment spécifique mais l’existence d’un ictère conjonctival et de myalgies est particulièrement évocatrice », note l’Institut Pasteur. Lequel décrit de nombreuses formes cliniques : du simple état grippal à l’atteinte multiviscérale avec syndrome hémorragique.
La forme modérée – l’état grippal – peut évoluer vers une atteinte rénale, hépatique, méningée ou pulmonaire. Dans 20 % des cas, elle se complique d’un syndrome hémorragique. Quant à la forme plus grave, elle est nommée syndrome de Weil et associe insuffisance rénale aiguë, atteintes neurologiques (convulsions, coma), hémorragies pulmonaires, digestive. Dans cette forme, La maladie est potentiellement mortelle. Si le patient survit, alors la convalescence est longue mais sans séquelle. Des atteintes oculaires peuvent toutefois survenir plus tardivement.
Le diagnostic peut être posé par une recherche de la bactérie dans le sang ou les urines (test PCR) ou recherche des anticorps associés à la leptospirose (Sérologie). Une fois la maladie diagnostiquée, la maladie peut guérir spontanément mais des antibiotiques peuvent être recommandés. Dans la forme sévère, une hospitalisation et l’administration d’antibiotique seront nécessaires.
La dératisation, le drainage des eaux inondées, le contrôle des eaux en provenance des zones d’élevage sont des moyens de prévention efficaces. À l’échelle individuelle, le port de gants, lunettes, bottes est conseillé de même que le fait de ne pas se baigner, si on est porteur de plaies, en eaux douces, notamment après de fortes pluies.
Un vaccin est disponible pour les travailleurs les plus exposés, les égoutiers, les éleveurs, les éboueurs…
Pour protéger les chiens, et les propriétaires également, le 3115 Urgences vétérinaires recommande :
Selon Urgences Vétérinaires, chaque année en France, plusieurs centaines de cas de leptospirose canine sont diagnostiquées. Il s’agit d’une urgence. 20 à 50 % des chiens atteints d’une forme sévère, même hospitalisés, ne survivent pas. Sans prise en charge rapide, le taux de décès atteint 90 à 100 %.
« La leptospirose débute souvent par des symptômes peu spécifiques : fièvre, fatigue intense, douleurs, abattement. Chez le chien comme chez l’homme, ce caractère trompeur peut retarder le diagnostic », explique Pierre Fabing, vétérinaire au 3115.

Source : Santé publique France, Institut Pasteur, 3115 Urgences Vétérinaires

Ecrit par : Dorothée Duchemin – Edité par Emmanuel Ducreuzet