Les jeunes cancérologues, trop souvent victimes de burn out

[02 octobre 2014 - 09h59] [mis à jour le 02 octobre 2014 à 10h04]

Extrême fatigue physique et émotionnelle, désinvestissement, sentiment d’échec dans le travail… Le syndrome de burn out, aussi appelé épuisement professionnel, toucherait souvent les oncologues en Europe. En particulier la jeune génération de ces médecins spécialisés dans la prise en charge des malades atteints de cancers.

Plus de 70% des jeunes oncologues européens souffriraient d’épuisement professionnel. C’est ce que montre le travail dirigé par la European Society for Medical Oncology Young Oncologists Committee. Ce sondage a été réalisé auprès de 595 oncologues âgés de moins de 40 ans. Parmi eux, 71% présentaient des signes de burn out, comme une fatigue importante et un sentiment d’impuissance dans leur activité professionnelle. L’impact de ce syndrome n’est pas le même dans tous les pays du continent. Ainsi, dans les Etats d’Europe centrale, 84% des jeunes cancérologues en souffrent. Alors que dans les pays d’Europe du nord, ils ne sont que 52%.

Comment expliquer ce phénomène ? « Les oncologues prennent des décisions compliquées concernant la prise en charge des cancers. Ils supervisent l’administration de traitements toxiques, travaillent de longues heures et sont confrontés à la souffrance et au décès de leurs patients », souligne le Dr Susana Banerjee, auteur principal de l’étude. De plus, pour expliquer que les jeunes médecins soient davantage touchés par le burn out que leurs aînés, elle avance plusieurs hypothèses. « Ces spécialistes sont aujourd’hui confrontés à beaucoup de tâches administratives », estime-t-elle. « Ils ont également affaire à plus de plaintes médico-légales. »

Des conséquences pour les patients

L’épuisement professionnel peut avoir des conséquences graves pour la santé des médecins concernés. En effet, il mène à la dépression, à l’usage de drogues et parfois au suicide. Mais leurs patients sont aussi concernés par ce phénomène. Ainsi, les oncologues victimes de ce syndrome risquent-ils de quitter la profession. Résultat, les malades pourraient souffrir d’un manque de spécialistes pour les soigner.

Pour lutter contre cet état de fait, les auteurs soulignent l’importance d’un soutien à leurs jeunes collègues, en mettant en particulier l’accent sur la prévention. Pour cela, « la promotion d’un équilibre entre la qualité de vie au travail et celle de la vie privée est essentielle », concluent-ils.

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