Les pharmaciens : toujours des «vendeurs de boîtes» ?

[22 mai 2014 - 17h27] [mis à jour le 22 mai 2014 à 17h28]

Deux années de négociations pour parvenir à… un « acte manqué » !  Président de l’Union des Syndicats de Pharmaciens d’Officine (USPO), Gilles Bonnefond se dit profondément déçu par l’accord sur la rémunération signé par le syndicat majoritaire – la Fédération des Pharmaciens d’officine (FSPF) – avec l’Assurance-maladie. « Nous allons toujours passer pour des vendeurs de boîtes », déplore-t-il…

En pratique, le texte signé prévoit à partir du 1er janvier 2015, un « honoraire » de 80 centimes d’euro par boîte délivrée. Puis de 1 euro à compter du 1er janvier 2016, contre 53 centimes aujourd’hui. En contrepartie, leur marge a été revue à la baisse. En d’autres termes, les sommes perçues par les officinaux seront plus importantes qu’aujourd’hui sur les médicaments peu chers. Et moins élevées sur les traitements plus coûteux.

La FSPF, qui représente 59% des pharmaciens, salue un accord qui « renforce leur rôle d’acteur de soin de premier recours ». Elle parle également de « rémunération à l’acte dès janvier 2015 » et encore de « profonds changements » dans la rémunération de la profession. Pour Philippe Gartner son président, « la FSPF n’a pas signé l’accord ultime mais elle a signé un accord indispensable. Nous ne sommes qu’au début de la longue route vers les honoraires à l’ordonnance ».

Une rémunération à la boîte, comme aujourd’hui

A y regarder de plus près, les changements en question sont-ils si importants ? Gilles Bonnefond de l’USPO (29% des pharmaciens) se dit très déçu. « On joue avec les mots. Ceci ne correspond absolument pas à un honoraire tel que nous l’entendions. De notre côté, nous souhaitions une rémunération liée à l’accompagnement du patient. Et donc un véritable acte de dispensation. La vraie évolution était là. Malheureusement, nous sommes passés à côté d’une réforme qui rattache encore plus la rémunération officinale au nombre de boîtes vendues. Les réveils vont être douloureux… »

Le troisième syndicat – l’Union nationale des Pharmaciens de France (UNPF) propose également, « un nouveau modèle de rémunération basé sur un honoraire lié à la prescription ». Ce dernier « serait versé aux pharmaciens en échange d’informations relatives à la bonne observance et la tolérance des traitements ».

Toujours est-il que l’accord en question prendra effet à partir du 1er janvier 2015. Il prévoit également un forfait de 40 euros pour l’accompagnement des patients asthmatiques. Au même titre qu’un avenant sur les génériques qui engage les pharmaciens à atteindre un taux de substitution de 85%. Mais pour ce dernier texte, il y avait davantage consensus.

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