Les professionnels de la vue, les yeux hors de la tête !

15 avril 2008

Roselyne Bachelot-Narquin en « posant la question» (sic) d’une prise en charge intégrale des frais d’optique par les mutuelles et complémentaires de santé, a certainement poussé le bouchon… plus loin que prévu. En première ligne, le président du Syndicat national des Ophtalmologistes de France (SNOF) qualifie la sortie de la ministre de « nulle et extrêmement maladroite ». Ambiance…

A 24 heures d’Etats généraux de la Vue convoqués à l’Académie nationale de Médecine, le tollé est général. « Nous sommes bien évidement favorables à une meilleure organisation de l’accès aux soins de la vue. Mais pas de cette manière » tonne le président du SNOF Jean-Luc Seegmuller. Or il doit justement présenter aux Etats généraux « les grands enjeux de santé publique » de l’ophtalmologie : glaucome, DMLA, cataracte, rétinopathie diabétique, décollement de la rétine, maladies infantiles… autant de domaines où la « démédicalisation » de la prise en charge est utopique.

« En avril 2007 nous avons accepté la publication de deux décrets visant à faciliter l’accès des assurés sociaux au renouvellement de leur équipement optique ». Ces décrets allongeaient à 3 ans la validité des ordonnances de verres correcteurs. « Le système se mettait lentement et difficilement en place lorsqu’un an plus tard, la ministre dans un élan généreux, balaye tout à la télévision. Sans aucune concertation » se désole Jean-Luc Seegmuller.

Quant aux 150 millions d’euros d’économie avancés par la ministre de la Santé pour justifier un désengagement de l’Assurance-maladie… il n’y croit pas un instant. « Madame Bachelot sait très bien que les économies ne seront pas de 150 millions d’euros. Car les premiers bénéficiaires d’une prise en charge sont justement les enfants » (dont la prise en charge peut être 10 fois supérieure à celle des adultes, n.d.l.r.) « et les bénéficiaires de la CMU. Or pour ces derniers, les lunettes sont gratuites. Donc, des exceptions devront être mises en place pour aider ces populations. ».

Jean-Luc Seegmuller n’est pas seul. Derrière lui -et vraiment pas loin- sont massés les membres de l’Association nationale pour l’Amélioration de la Vue (ASNAV). Eux aussi brocardent un projet « qui ne serait pas seulement injuste, mais aussi une erreur économique et sociale ». Sous le titre évocateur de « Bien voir c’est obligatoire », ils mettent en ligne un « manifeste » qui va donner au débat lancé par Roselyne Bachelot-Narquin un prolongement sans doute animé.

  • Source : interview du Dr Jean-Luc Seegmuller, président du Syndicat national des Ophtalmologistes de France (SNOF), 15 avril 2008 ; Association nationale pour l’Amélioration de la Vue (ASNAV) 15 avril 2008

Destination Santé
Résumé de la politique de confidentialité

Ce site utilise des cookies afin que nous puissions vous offrir la meilleure expérience utilisateur possible. Les informations sur les cookies sont stockées dans votre navigateur et remplissent des fonctions telles que vous reconnaître lorsque vous revenez sur notre site Web et aider notre équipe à comprendre quelles sections du site Web vous trouvez les plus intéressantes et utiles.

Plus d'informations sur notre politique de cookies sur nos CGU.

Aller à la barre d’outils