Posés pour assurer l’intimité des patients, les rideaux des hôpitaux seraient infectés de bactéries résistances. Et constitueraient une source de contamination pour les personnes hospitalisées. 

« Les rideaux séparant les lits de chaque patient sont porteurs de bactéries résistantes », révèlent des scientifiques américains du Michigan.

Pour le prouver, l’équipe des Drs Lona Mody et Kristen Gibson a analysé 1 521 prélèvements bactériologiques effectués sur ces tissus séparant quelques 625 chambres. Le prélèvement a été effectué à l’admission des patients puis 14 jours après, 30 jours et tous les mois pendant 6 mois.

Résistance aux entérocoques, au staphylocoque doré…

Au total, 22% des échantillons révélaient la présence de bactéries multirésistantes. Dans le détail, 13,8% des échantillons se sont avérés positifs aux entérocoques résistant à la vancomycine, 6,2% à des bactéries à Gram négatif résistantes, et 4,9% au staphylocoque doré résistant à la méticilline. Toutes ces bactéries présentent un risque potentiellement mortel.

« Ces pathogènes sont capables de survivre et probablement de contaminer d’autres sources dont les patients », expliquent les chercheuses. Ainsi, dans 16% des cas, les patients étaient porteurs de la même bactérie que celle retrouvée dans leur rideau de chambre.

Ces résultats prouvent à quel point l’hygiène hospitalière peut être cruciale pour la santé des patients : « les rideaux sont souvent en contact de mains sales et ne sont pas suffisamment désinfectés », notent les scientifiques. « Comme ces rideaux sont employés dans le monde entier, cette problématique relève de la santé publique mondiale. D’autres études sont nécessaires pour déterminer le lien de cause à effet entre la contamination des rideaux et celle des patients. »

A noter : cette étude sera présentée lors du Congrès européen de microbiologie clinique et maladies infectieuses, organisée du 13 au 16 avril à Amsterdam. 

*University of Michigan Medical Center

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