Une équipe française vient de démontrer à la fois l’efficacité et l’innocuité d’une technique de neuro-imagerie, chez le nouveau-né. Elle pourrait constituer une alternative moins « contraignante et coûteuse » que l’imagerie par résonnance magnétique (IRM), notamment.

L’histoire a commencé en 2009 avec la mise au point, au sein de l’unité INERM 979 – (« Physique des ondes pour la médecine ») de la neuro-imagerie fonctionnelle par ultrasons. Elle est qualifiée d’« originale » car « elle utilise des ultrasons qui, jusque-là, ne sont pas employés pour analyser une activité neuronale. Contrairement à l’IRM », nous précise Mickael Tanter, pilote de ce travail.

Or l’IRM présente quelques limites notamment lorsqu’il s’agit d’y recourir auprès de certaines populations comme les nourrissons. Les petits « bougent beaucoup, à tel point qu’il faut parfois les sédater pour être en mesure de réaliser l’examen », poursuit-il. Sans compter qu’il convient « de les disposer dans des couveuses spécifiques -et coûteuses – qui ne perturbent pas le champ magnétique. Le tout dans un environnement bruyant ».

Au lit du patient

Evaluée auprès de nouveau-nés prématurés, la neuro-imagerie fonctionnelle par ultrasons fournit des images d’une qualité et d’une résolution supérieures. De quoi cartographier avec une grande sensibilité les variations subtiles des flux sanguins dans les petits vaisseaux cérébraux. Lesquelles « témoignent de l’activité neuronale ».

Sur un plan pratique, une sonde échographique est placée sur la tête du bébé, au-dessus de la fontanelle. Le prototype de recherche est semblable aux échographes utilisés en obstétrique ou en échocardiographie. Il permet donc de réaliser des examens « en routine clinique, directement au lit du patient ». L’enjeu ? Améliorer le diagnostic de troubles neurologiques parfois difficile à établir chez les nourrissons.

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