L’invasion des mycoses

[16 avril 2013 - 14h09] [mis à jour le 19 décembre 2013 à 14h56]

Les mycoses invasives frappent notamment les patients hospitalisés. ©Phovoir

Chaque année en France, plus de 3 600 patients sont hospitalisés pour une mycose invasive. Et « un tiers au moins en décède ». De quoi s’agit-il ? Qui sont les personnes à risque ? Réponses ce mardi dans un Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) consacré à ce sujet.

Les infections fongiques invasives (IFI) sont des maladies dues à certaines espèces de champignons, notamment de type Aspergillus ou Candida. Ces pathogènes peuvent entraîner des affections gravissimes chez des patients hospitalisés et/ou dont le système immunitaire est affaibli.

C’est ainsi que 35 876 cas d’IFI ont été identifiés entre 2001 et 2010 en France. « Le taux de létalité a été de 27,1% », précise Dounia Bitar (Institut de Veille sanitaire) à la tête d’une étude publiée dans le BEH. Trois types d’ infections invasives se dégagent: les candidémies (43,3%), les pneumocystoses (26,1%) et les aspergilloses (23,9%).

« L’incidence de ces maladies est en hausse (+1,5% par an), ces dernières années, en lien notamment avec l’augmentation du nombre de personnes immunodéprimées », poursuivent les auteurs. La mortalité l’est également, de l’ordre de  2,9% par an.

Investir dans la recherche

D’une manière générale, il s’agit de patients immunodéprimés : que l’immunosuppression soit liée à des chimiothérapies anticancéreuses, à la corticothérapie à haute dose dans les transplantations d’organes et de cellules souches hématopoïétiques… Les rédacteurs  du BEH citent également une augmentation du nombre de cas de « candidémies associées au diabète » et des aspergilloses liées aux maladies respiratoires chroniques.

Comme le souligne le Pr Renée Grillot (Université Joseph Fourier, Grenoble) dans l’éditorial de ce Bulletin, « les IFI restent un défi pour le futur ». Elle insiste sur le « besoin d’investir rapidement et significativement dans la recherches sur ces maladies infectieuses. Afin que l’on ne tombe pas en panne de nouvelles stratégies et de nouveaux médicaments ».

Ecrit par : David Picot – Edité par : Emmanuel Ducreuzet

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