La lumière contre la douleur chronique

[02 janvier 2017 - 11h33]

Source de stimulation des sphères visuelle et neurologique, l’exposition à la lumière constitue une approche palliative contre les douleurs chroniques. Selon des chercheurs français, la pénétration de rayons UV dans la rétine activerait en effet le contrôle de neurorécepteurs impliqués dans la gestion de la douleur.

Lorsqu’elle reste exceptionnelle, la douleur constitue un précieux signal pour alerter d’anomalies. Mais « elle se transforme en véritable maladie quand elle devient chronique », expliquent des chercheurs du CNRS et de l’INSERM*. Mais comment y remédier ? Le cerveau a-t-il des capacités de défense ? Pour le savoir, les scientifiques ont plongé au cœur du mécanisme de régulation « de la douleur physique, des désordres affectifs et cognitifs associés : l’anxiété, la perte des émotions positives, l’hypersensibilité à la douleur… ».

Premier pas dans l’étude, observer le fonctionnement de l’amygdale, structure cérébrale « impliquée dans la gestion de la douleur et des émotions ». Mais aussi du récepteur glutamate de type 4. « Principal transmetteur des signaux de douleur dans le système nerveux des mammifères, [il] détecte la présence du glutamate et diminue, selon les besoins, sa libération au niveau de la synapse », expliquent les scientifiques.

Une action « pilotée par la lumière »

Deuxième étape, la mise au point d’un ligand (molécule capable de se lier de façon irréversible à une macromolécule). Nommé optogluram, ce dernier inhibe ou intensifie l’action de ces récepteurs en fonction du degré d’exposition à la lumière. « L’utilisation de fibres optiques permet de contrôler très précisément l’activation du neurorécepteur dans une zone donnée du cerveau. »

Ainsi, les scientifiques ont sélectionné des souris atteintes de douleurs inflammatoires chroniques. Et stimulé la synthèse d’optogluram en exposant les rongeurs à la lumière. Résultats, « les symptômes douloureux ont été inhibés de manière rapide et irréversible, démontrant ainsi que le cerveau de ces souris conserverait sa capacité à contrer ces effets. Avec l’identification d’un modulateur capable d’agir sur la douleur chronique, ces travaux sont porteurs d’espoirs thérapeutiques ». Une nette avancée quand on sait que la moitié des patients européens souffrant de douleurs chroniques rapporte une inefficacité des traitements prescrits.

A noter : en Europe, « environ 20% de la population a connu des épisodes de douleurs chroniques ».

*Institut de génomique fonctionnelle (CNRS/INSERM/Université de Montpellier) et du Laboratoire de chimie et de biochimie pharmacologiques et toxicologiques (CNRS/Université Paris Descartes)

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