Lymphomes : l’immunothérapie, génétiquement modifiée

[03 juillet 2017 - 14h40] [mis à jour le 03 juillet 2017 à 14h53]

L’immunothérapie a fait ses preuves contre de nombreuses formes de cancer. La dernière en date est le lymphome. Mais pour que ce traitement fonctionne, les chercheurs ont dû modifier génétiquement des cellules immunitaires du malade lui-même, avant de les lui réinjecter. Les résultats sont parfois miraculeux. Explications.

Un nouveau traitement d’immunothérapie récemment mis au point repose sur une modification des propres lymphocytes T des patients. Pour ce faire, « ces cellules immunitaires sont prélevées par prise de sang puis modifiées au laboratoire pour y introduire un gène pour leur permettre de reconnaître les cellules cancéreuses et de les tuer », expliquent les chercheurs du CHU de Lyon qui a participé à une étude internationale* sur ce traitement. « Ces cellules ainsi modifiées, dénommées cellules CAR-T car elles portent un Récepteur Chimérique pour l’Antigène, sont ensuite réinjectées au patient. »

Des résultats initiaux avaient été restitués par quelques centres américains dans les 5 dernières années. Cette fois, une étude internationale* a été menée sur des patients atteints de lymphome B à grandes cellules chez qui des traitements traditionnels avaient tous échoué. Les premiers résultats semblent prometteurs.

Guérisons de patients condamnés

En effet, les données présentées chez 51 patients ont montré que plus de la moitié d’entre eux avaient eu une régression de leur tumeur. Chez plus d’un tiers des malades (37%) en outre, après plus de trois mois de recul, la tumeur n’était plus détectée. « Les résultats des études pilotes conduites avec ce type de traitement indiquent qu’il s’agit d’une possibilité de guérison chez des patients pour lesquels il n’existait malheureusement plus d’autre option de traitement » explique le Pr Gilles Salles, hématologue aux Hospices Civils de Lyon.

« Ce traitement entraine cependant parfois des effets secondaires (fièvre, chutes de tension, troubles neurologiques) qui doivent être pris en charge par des centres hautement spécialisés », poursuit-il.

Néanmoins, « ces résultats, bien que préliminaires, s’avèrent très prometteurs. Ils serviront de base à plusieurs autres études qui seront développées dans les prochains mois, chez des patients atteints de lymphome agressif ou d’autres formes de maladie du sang. »

*organisée par le Laboratoire Novartis et menée dans 10 pays, et à laquelle ont participé les Hospices Civils de Lyon

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