Maladie génétique rare mais très grave, la leucodystrophie fragilise la substance blanche cérébrale des patients. Déclarée à l’âge de la marche, elle se complique rapidement. Comment cette pathologie se caractérise-t-elle ? La réponse en 5 points.

Quelle partie du cerveau est touchée ? Maladie neurodégénérative et génétique, la leucodystrophie se traduit par une accumulation de cellules dans le système nerveux. La substance blanche, et plus particulièrement la myéline qui la compose, est atteinte. Cette myéline entoure les extrêmités des neurones.

Combien de patients ? La prévalence dans la population française est de 1 cas pour 625 000 personnes. On distingue 3 formes : infantile tardive (la plus fréquente avec 60% des cas), juvénile (20 à 30%) et adulte (10 à 20% des cas).

Les troubles majeurs : dans la forme infantile tardive, le premier trouble est l’arrêt de l’évolution des capacités intellectuelles. Une hypotonie (insuffisance du tonus musculaire), des troubles de la marche, une atrophie optique ainsi qu’une régression motrice sont repérés chez l’enfant. Dans la forme juvénile, diagnostiquée entre 4 et 5 ans, le déclin des capacités intellectuelles et motrices s’accompagnent de crises d’épilepsie. Idem chez l’adulte, qui présente aussi des troubles d’ordre moteur et psychiatrique.

Le pronostic vital : dans la forme infantile tardive, la vitesse de la conduction nerveuse diminue en permanence chez les patients. On parle alors d’une décérébration progressive : le décès survient dans les 5 années suivant le diagnostic. Dans la forme juvénile, les patients perdent la vie avant leurs 20 ans. Dans la forme adulte, l’évolution peut durer 20 à 30 ans.

Une nouveauté côté traitement ! A ce jour, il n’existe pas de traitement efficace dans la guérison de la leucodystrophie. Mais des chercheurs de l’Inserm ont récemment découvert une anomalie génétique commune à 18 patients atteints d’une leucodystrophie. Tous ont été recrutés à travers 6 pays (l’Angleterre, le Canada, l’Egypte, les Etats-Unis, la France et l’Iran). Selon les scientifiques, un déséquilibre précis au niveau de ce gène expliquerait la perte de « la plupart des cellules responsables de la synthèse de myéline dans le système nerveux central », explique le Pr Odile Boespflug-Tanguy*, principale auteure de l’étude.

L’objectif, développer un traitement en « recherchant, dans la pharmacopée existante, une molécule empêchant » ce déséquilibre. Un médicament est déjà proposé : le Fingolimod, actuellement employé dans la prise en charge des enfants atteints d’une sclérose en plaques. Testée chez le poisson zèbre, cette molécule a permis aux poissons de retrouves leur capacité à nager. « Cela ne signifie pas forcément que ce médicament sera efficace chez l’humain, mais s’agissant d’une molécule déjà connue et utilisée, nous pouvons plus rapidement envisager des tests cliniques, par exemple sous le régime de la recommandation temporaire d’utilisation, comme cela se fait pour d’autres molécules dans le cadre de maladies rares. »

*Coordinatrice de Leukofrance, le centre de référence des leucodystrophies et leucoencéphalopathies rares.

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