…en matière de dépistage en tous cas. Dans le Livre blanc de la gastro-entérologie, publié à l’occasion des dernières Journées francophones de la spécialité, les professionnels s’alarment de ce que la France n’évolue pas. Elle paraît ne réaliser aucun progrès notable dans ce domaine, à l’inverse de ses voisins. La chose n’est pas nouvelle et… c’est bien ce qui est préoccupant.

Depuis deux ans le Pr Jean-Pierre Bader, ancien Président de la Société nationale de gastro-entérologie, lançait l’alarme. Soulignant que ce cancer provoque en France «de 15.000 à 16.000 décès par an soit 40 à 50 par jour malgré la chirurgie la plus performante, la chimiothérapie, la radiothérapie et la coloscopie largement prescrite dans notre pays », il recommandait «l’utilisation la plus large possible de ce test pour donner à nos concitoyens une chance d’un tiers de décès en moins, d’informer les médecins généralistes et le public, et d’intégrer le dépistage du cancer colo-rectal dans une stratégie de dépistage et de prévention de santé publique ».

Aujourd’hui, le Livre blanc s’inscrit dans les mêmes recommandations, approuvées par la Caisse nationale d’assurance maladie en septembre 2000. A la clé, nous pouvons espérer sauver 3 000 vies par an… Reste maintenant à faire en sorte que ces belles décisions entrent dans les faits. Que le test hémoccult soit effectivement pris en charge par l’assurance maladie – pas de problème, elle est d’accord ! – et que le principe de la rémunération du médecin chargé de remettre le test soit acquis.

Aucun doute possible : pour donner une existence à une stratégie vitale pour le public et sur laquelle « tout le monde est d’accord », il fallait bien… un Livre blanc…

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