Les sondes d’échographie par voie vaginale ou rectale sont au cœur d’une polémique depuis le 26 octobre dernier. Un rapport rendu à la ministre et cité par Le Parisien, fait état d’une défaillance dans l’hygiène de ces dispositifs largement utilisés. Le Pr Jean-Christophe Lucet, spécialisé en hygiène hospitalière au Groupe hospitalier Bichat – Claude Bernard, a donné à l’agence de presse Destination Santé des éléments d’explications.

Les patientes risqueraient-elles une contamination par le virus du HPV lors d’un simple examen échographique ? Les sondes d’échographie endo-cavitaires vaginales et endo-rectales ne seraient pas suffisamment nettoyées et désinfectées, révélait un article du Parisien daté du 26 octobre dernier, basé sur un rapport rendu à la ministre de la Santé.

« Ce sujet est débattu depuis plusieurs années », souligne le Pr Jean-Christophe Lucet. « Depuis décembre 2007, les recommandations correspondent, après l’examen de la patiente, à une désinfection de la sonde à l’aide d’une lingette imbibée d’un détergent et désinfectant, si la gaine protectrice qui enveloppe la sonde n’est pas rompue. » Ce que le spécialiste nomme « une désinfection de niveau 1 ». Le risque de contamination est alors « extrêmement faible, voire nul ». Mais alors par quelles voies la contamination peut-elle se produire ?

L’environnement de la sonde, véritable contaminant

La véritable source d’inquiétude se situe ailleurs. « On a beaucoup focalisé le débat autour de la sonde alors que l’environnement de l’examen recèle de bien plus grands risques de contamination », indique-t-il. « Il est tout à fait possible de se contaminer ou de contaminer une patiente avec ses mains par exemple ou avec l’environnement de l’examen, comme le clavier de l’échographe. »

Dans une enquête menée auprès d’une quarantaine de centres d’examens, « nous avons constaté des erreurs dans la gestuelle vers le clavier de l’échographe ». Ainsi par exemple, la sage-femme, le gynécologue ou l’échographiste peuvent utiliser la même main (non gantée) pour utiliser le clavier et remettre une gaine en place sur la sonde. La main contamine alors le clavier faisant courir un risque aux patientes suivantes. Ces accidents restent très rares. Mais un récent audit réalisé sur 600 examens a mis en lumière « deux prélèvements positifs au HPV, tous deux réalisés sur le clavier de l’appareil », souligne le Pr Lucet.

Des changements de recommandations concernant l’hygiène des sondes ne seront donc pas suffisants si l’enchaînement de bonnes pratiques dans le geste n’est pas appliqué. Ainsi, « il faudrait une indépendance parfaite des deux mains, une pour le clavier et l’autre, gantée pour la sonde ». Ensuite, « une fois l’examen terminé, se laver les mains et changer de gants pour mettre une nouvelle gaine sur la sonde est également essentiel », conclut-il.

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